Les clés d’un régime réussi – Le mental (1/3)

Tous les mois une nouvelle méthode! Selon le type sanguin, la période de l’année, l’âge du capitaine, l’heure de la journée, en livraison à domicile… La créativité du marché du régime semble infinie. Et pourtant les principes d’un régime réussi sont simples. C’est uniquement la mise en oeuvre qui est difficile. Ces principes peuvent être regroupés en trois parties, par ordre d’importance: le mental, l’alimentation, et le sport.

Le régime, c’est avant tout dans la tête!

Adieu les yaka-faukon qui nous explique qu’il suffit de noter ce que l’on mange, de faire ses courses ou de se mettre au régime. Tout ça est totalement faux, ce qui est assez prouvé par inefficacité presque totale de ce point de vue.

Qu’est-ce qui nous fait manger ou sur-manger? Pourquoi la nourriture prend autant de place dans notre vie? Parce qu’elle est notre béquille psychologique, notre doudou, la principale source de notre plaisir ici-bas. Et c’est bien ça le problème.

La nourriture est la principale béquille émotionnelle que nous puissions avoir. C’est que le corps et l’âme ont tous deux besoins de plaisir pour vivre. Une vie sans plaisir est totalement insupportable. Notre vie moderne, malgré tout son confort, reste pour nombre d’entre-nous, extrêmement difficile. Travail, famille, maladie, incertitude du lendemain, les sujets d’angoisse ne manquent pas.

Comment s’en sortir?

Comment s’en sortir? En réapprenant le plaisir. Quand nous mangeons trop, nous ressentons un plaisir immédiat né du principe de la digestion, qui fournit entre-autre un certain nombre de précurseurs de la sérotonine et de la dopamine, les hormones du plaisir. Mais, après, comme après une cuite, nous nous regardons dans la glace, nous nous détestons. Nous avons mal. Les kilo en trop nous avalent, jusqu’à voir disparaître notre propre visage. Nous nous promettons alors de ne plus recommencer. Mais, comme pour tout autre drogue, nous recommençons.

Que faut-il faire? Éradiquer la peine! Nous devons lutter en amont contre les pensées négatives qui nous rendent tristes et nous conduisent vers le frigidaire. Ce n’est pas simple, mais le stoïcisme et les théories comportementales et cognitives nous donnent une aide précieuse. Comment faire concrètement?

-Faire une liste de tous les moments, toutes les occasions dans lesquelles vous mangez trop, ou de manière non-utile. C’est le goûter avec les enfants, la petite gâterie sucrées, le verre en plus, l’apéro qui double le dîner, la sucrerie du soir après le repas, etc.

-Pour chacune de ces occasions, lister les pensées qui poussent à manger, en prenant soin de distinguer celle relative à la faim elle-même, de celles ayant d’autres causes, que ce soit de compenser une peine ou de s’offrir un petit plaisir.

-Ce sont ces raisons qu’il faut changer, une à une. Comment faire? Les classer de la plus simple, la plus anodine, à la plus complexe. Puis faire un travail de réflexion sur chacune, jusqu’à comprendre avec son cœur pourquoi la situation n’a rien qui doit déclencher une prise de nourriture et que l’on peut très bien s’en passer. Il s’agit, en modifiant ses représentations, de se rendre moins malheureux.

Une méthode plus détaillée est présentée dans le poste suivant:

https://foodforthoughts.blog/2020/05/13/pouvoir-et-utilisation-de-la-meditation-la-pratique-2-2/

Les pièges de la raison

Dans notre lutte mentale avec le sur-poids, nous sommes confrontées à deux ennemis intellectuels très puissants.

Le premier est le sentiment de culpabilité que nous ressentons quand nous avons trop mangé. Il devrait surtout être un déclencheur, une marche sur laquelle s’appuyer pour nous aider à changer notre comportement. Las! C’est surtout une source, comme toute émotion négative, d’une intense tristesse. Et comme le corps et l’esprit ne peuvent pas supporter trop de tristesse, nous devons la compenser. Comment faire? En mangeant… Et nous sommes pris dans le cercle vicieux de la culpabilité.

Le cercle vicieux du sentiment de culpabilité

Le second piège est une certaine conception de la liberté et de la volonté qui nous font croire qu’il suffit de « vouloir pour pouvoir ». Nous héritons cette idée d’un pouvoir quasiment absolu de la volonté de notre éducation et de nos conceptions morales. A vrai dire, cette conception a deux sources principales. Il y a la tradition d’un pays cartésien, Descartes affirme que « la volonté est tellement livre de sa nature, qu’elle ne peut jamais être contrainte »( Traité des passions). La volonté est absolue. Il y a ensuite la doctrine de la liberté sur laquelle repose la justice. L’homme est responsable de ses actes. Il a la capacité d’agir ou de ne pas agir. Il est livre de sa décision, ce qui le rend potentiellement justiciable.

Se libérer de ces pièges

Au piège de la culpabilité qui engendre la tristesse, nous avons déjà répondu. C’est par la méthode de la modification des représentations que nous allons peu à peu faire cesser l’acte, tarir la source de la culpabilité, et diminuer progressivement la force du cercle infernal en lui substituant la fierté d’arriver à modifier ses habitudes.

La conception de la volonté de Descartes, sans être fausse en elle-même, doit être correctement comprise. Elle est un absolu. La volonté peut effectivement vouloir tout ce qu’elle veut. C’est une puissance pour ainsi dire métaphysique. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle peut réaliser tout ce qu’elle veut. Descartes, dans sa morale provisoire, nous dit aussi qu’ « il faut changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde ». Et ce qui nous intéresse, c’est la réalisation de nos désirs, mais l’infinité du désir lui-même.

Quand à la doctrine de la liberté absolue du choix d’agir, nous savons depuis longtemps maintenant que les choses ne sont pas si simples. La justice prend en compte les « circonstances atténuantes », le milieu, l’origine, l’éducation. Nous restons responsables, mais peut-être pas à 100%.

Le vrai pouvoir de la volonté

La volonté ne fonctionne pas par une simple prise de décision. Cela ne fonctionne pas. Ce qu’il faut, c’est changer très progressivement nos habitudes en tenant compte de nos propres réactions, jusqu’à trouver un équilibre, une manière de nous nourrir et de vivre qui nous convienne. L’habitude, c’est la volonté concrète. La distorsion du régime alimentaire est faite d’une foule de mauvaises habitudes qu’il convient de changer. Contrairement à l’arrêt de la cigarette ou de l’alcool, il est impossible d’arrêter de manger complètement. Il s’agit non d’un sevrage, mais d’une véritable et graduelle rééducation.

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