Œdipe roi de Sophocle – le crime imparfait

  1. Hitchcock antique
  2. Les preuves
  3. La reconnaissance
  4. La prise de conscience
  5. Des dieux au monde
  6. Annexes
    1. Analyse complémentaire
    2. Faire surgir la vérité… ou pas
    3. D’autres exemples littéraires
      1. Rashōmon
      2. The Last of Sheila
      3. Les romans d’Agatha Christie
    4. D’autres oeuvres usilisant le même procédé
    5. Sophocle, unique

Hitchcock antique

Relisant la célèbre pièce de Sophocle, qui sert également de modèle à Aristote pour expliquer les mécanismes de la tragédie dans la Poétique, ce qui nous a le plus frappé est sa structure paradoxale d’enquête policière.

Sophocle

Nous connaissons tous le mythe d’Œdipe, notamment repris par Freud qui l’érige en modèle de construction de l’intersubjectivité du petit garçon. L’enfant mâle est pris dans la rivalité mimétique avec son père pour obtenir les faveurs de sa mère. Il se construit ainsi sur un double modèle père-mère, apprend les interdits de l’inceste, vit la séparation des corps et des désirs, entre son désir et celui de ses parents. Et se prépare à aller chercher la satisfaction de son désir en dehors du foyer, où il risque fort de reproduire le même schéma.

Œdipe roi nous raconte une partie de cette histoire. Mais ce n’est pas, en fait, son point principal. Œdipe a déjà résolu l’énigme du Sphinx et s’est marié à la reine, qui n’est autre que sa mère. Mais il ne le sait pas encore. Quand la pièce commence, Œdipe est virtuellement au sommet du bonheur. Il a libéré Thèbes. Il est le roi. Tout le monde lui obéit. La Cité se porte mieux. Enfin presque.

Dès le début de la pièce, la phase bonheur, si chère à Aristote, est déjà derrière nous. La Cité souffre à nouveau de tous les maux. Le meurtre de son ancien roi n’a pas été purgé. Œdipe se faire fort de résoudre le mystère et de libérer une fois de plus Thèbes de la souillure. Et là, c’est le drame. Ou plutôt le tragique. Œdipe explique longuement l’ignominie du crime et le châtiment qu’il réserve au coupable. Il n’a pas de mots assez durs pour qualifier l’offense, pas de châtiment assez fort pour lui rendre justice. Œdipe ne le sait pas encore, mais la personne qu’il condamne ainsi par avance n’est autre que lui-même.

En reprenant les termes contemporains du film policier, nous dirions qu’Œdipe roi est un « whodunit », ce qui signifie « who had done it », qui est le coupable? Et, oh twist incroyable, renversement comme disait Aristote, le coupable est celui qui cherche le coupable. Œdipe découvre qu’il est le coupable.

Les preuves

Une grande partie de la pièce consiste à dérouler le procès d’Œdipe. Nous avons droit à une véritable orgie de preuves. La malédiction de l’oracle avant la naissance d’Œdipe, dont la reine-mère se souvient…un peu tard… l’oracle de sa famille adoptive, l’oracle de Delphes rendu à Œdipe quand il s’y rend, et finalement la révélation donnée directement par le devin Tirésias. La scène est touchante, presque comique à la Molière. Tirésias sait mais ne veut rien dire. Œdipe le presse. Il refuse. Œdipe insiste. Tirésias lâche le morceau. Œdipe refuse la vérité et l’accuse…. Finalement Œdipe se rappelle qu’il a lui-même effectivement commis un meurtre et qu’il faut se poser sérieusement la question du lien entre ce meurtre et la mort du Roi. Sans doute ne valait-il mieux pas trop en parler avant…

Toutes ces preuves religieuses et pour ainsi dire métaphysiques sont confirmées par une preuve réelle. Il reste un témoin. Un vieux berger qui a préféré quitter la ville quand Œdipe est devenu roi. Or ce berger est mouillé jusqu’au coup dans l’histoire. C’est lui qui a abandonné Oedipe bébé sur ordre du roi Laïos. Lors de l’interrogatoire, comme il l’avait fait avec Tirésias, Œdipe le pousse à bout, et le berger finit par raconter la scène de massacre. Il ne désigne jamais Œdipe directement. Il ne le reconnaît pas, selon le procédé mis en avant par Aristote. La reconnaissance est plus subtile, plus tragique aussi.

La reconnaissance

Le récit du berger est parfaitement concordant avec le récit d’Œdipe. Le berger ne reconnaît pas Œdipe, il confirme ses aveux. Le juge, bourreau et criminel a en fait déjà avoué! Ah, s’il n’avait rien dit! Le berger eu été obligé de le désigner directement. Son témoignage et la reconnaissance aurait été univoque. Il eut été la seule preuve et comme toujours dans ces cas là, son témoignage aurait été soumis au pire des soupçons. Sophocle introduit une pièce complémentaire.

La prise de conscience

C’est Œdipe qui se reconnaît lui-même à travers le récit du berger. Il est le coupable qu’il cherche à châtié. L’enquête est résolue. L’enquêteur est le coupable. Toute l’enquête l’a invité à l’introspection depuis le début. Les mythes et autres oracles sont des paroles de la consciences profondes, les signaux internes indiquant qu’il y a un problème. Le récit du meutre est la clé réelle bien avant le récit du berger.

Oedipe est un criminel depuis longtemps. Qu’il ait tué son père, un roi, un inconnu ne change finalement rien à l’affaire. Ce ne sont que des symbolismes permettant au récit de s’adresser à l’imagination. La vérité est qu’Oedipe est un salaud depuis longtemps. Et c’est à lui de l’admettre s’il veut construire ou se juger digne de sa position de roi. Et bien sûr, il n’en est pas digne. La cause anthropologique étant qu’il n’est pas sorti de sa famille pour faire civilisation. Il a violé les lois morales fondamentales, repect du père et de la mère et inceste.

Ce qui intéresse sûrement le plus Aristote dans cette pièce, est la prise de conscience individuelle de la violation de la loi morale. Le spectateur peut s’identifier au moi d’Oedipe grand roi qui promet de faire régner l’ordre et identifie les bonnes lois et les bons chatîments. Là tout va bien, l’identification est sécurisée (secure comme disent les anglais). En m’identifiant à Oedipe, je suis du bon côté. Mais une fois accrochée, le spectateur est conduit à se regarder en face, au plus profond de sa psyché. Il doit se remettre en cause. Juger l’extérieur et se prendre pour un législateur, c’est facile et gratifiant. Confronté ce même standard moral à ce que nous faisons nous-mêmes, et c’est tragique. Oedipe affronte sa propre horreur, sa propre culpabilté. Et il en tire les conséquences. Il reste ainsi profondément sage et héroïque. N’importe qui aurait menti sur le récit des événéments. Pas lui. Montrant que la vérité et la réalité, l’adéquation du récit aux faits et son interprétation juste sont ses valeurs suprêmes. Il se rapproche de Socrate et de son procès. Il s’applique à lui-même la justice qu’il veut pour son peuple.

Hillemacher- Oedipe à Thèbes

La procédure de mise à jour de la vérité, par confrontation des récits et des interprétations, ressemble très fortement à celle que va mettre en place Thucydide dans la seconde partie de la méthode de son enquête (livre I § 22). Si Sophocle est plus âgé, les deux auteurs sont contemporains. Les deux oeuvres sont données au public quasiment en même temps, -431 pour l’Oedipe Roi et -430 pour L’histoire de la guerre du Péloponnèse.

Dans un premier moment, il cherche uniquement l’enchaînement des faits, pour montrer les causes et effets. C’est le modèle de l’histoire récit. Mais dans un second temps, il reconnaît que cette démarche est insuffisante pour comprendre les causes profondes des guerres du Péloponèse, et il va interroger les protagonistes pour comprendre leurs motivations. Il note alors une certaine subjectivité dans les retours des différents témoins et la nécessité pour l’historien au moins de questionner, si ce n’est de redresser ces témoignagnes.

Thucydide

Des dieux au monde

Replacer dans la chronologie grecque, Sophocle participe de ce mouvement général qui conduit des la mythologie à la littérature et à l’histoire. Les mythes d’Ouranos et Gaya, puis de Cronos et Rhéa, racontent des histoires très similaires. Ce sont déjà des préfigurations du mythe d’Oedipe, ou plus largement de la constitution de la psyché dans la famille. A chaque fois le fils doit surmonter le père, en le séparant de la mère, pour accéder à sa propre histoire.

Avant Sophocle, Esychel, dont le cylce d’Oedipe est malheureusement en grande partie perdu, a fait redescendre le mythe chez les hommes par le biais des malédictions se transmettant de père en fils. C’est Laïos qui a le premier commis un crime. Oedipe ne fait qu’en hériter. Laïos, avant de devenir roi de Thèbes, est accueilli à la cour de Pélops. Pélops a un fils, Chrysippe, d’une grande beauté. Laïos tombe amoureux de lui et l’enlève (ou le séduit selon les versions). Il viole les lois de l’hospitalité. C’est pourquoi son fils le tuera plus tard.

Sophocle a abanonné cette histoire des origines, pour se concentrer sur le dilemme moral d’Oedipe. Oedipe roi met ainsi en scène l’invention de la conscience morale interne des hommes. Il ne s’agit plus uniquement de supporter un destin qui nous est imposé, mais de découvrir que nous avons un espace mental interne, indépendant des Dieux, où nous pouvons nous juger nous-mêmes.

Pour une analyse du mythe d’Oedipe, version classique, c’est ici: https://foodforthoughts.blog/2019/12/28/oedipe-ou-la-verite-sur-un-mythe/

Annexes

Analyse complémentaire

La structure de Sophocle a très rarement reprise dans sa pureté. Beaucoup d’œuvres s’en inspirent, sans atteindre la même rigueur. La plupart du temps, le protagoniste va perdre la mémoire et doit la retrouver. Ou alors, il est schozophrène de cinéma, sa main gauche ne sait plus ce qu’a fait sa main droite. Il y a là aussi une forme de déresponsabilisation que n’évite pas le dramaturge grec. Le tragique n’a pas d’excuse. Il est complet.

Ce qui fait l’originalité d’Œdipe Roi, ce n’est pas seulement que le détective est le coupable. C’est que les trois fonctions sont réunies dans une seule personne :

  • l’enquêteur (Œdipe cherche le meurtrier) ;
  • le juge (en tant que roi, il conduit l’enquête et décide de la peine) ;
  • le bourreau (il prononce des malédictions contre le coupable, puis les exécute finalement sur lui-même en se crevant les yeux et en s’exilant).

Cette identité des trois fonctions est extraordinairement rare.

La malédiction qui se retourne

Au début de la pièce, Œdipe proclame en substance : Que le meurtrier soit maudit, exclu de toute maison, condamné à vivre dans le malheur.

Il parle comme s’il s’adressait à un autre. À la fin, chacune de ses paroles devient un jugement contre lui-même.

C’est un procédé d’une puissance logique incroyable : le juge ne s’est pas trompé sur la peine ; il s’est trompé uniquement sur l’identité du condamné.

Chez Sophocle, l’enquête est aussi une procédure politique.

Le roi est responsable de purifier la cité. La peste signifie que le droit est rompu. L’enquête n’est donc pas privée ; elle engage tout l’ordre de la communauté.

Lorsque le coupable se révèle être le roi, c’est la source même de l’autorité qui est atteinte. Celui qui incarnait la loi découvre qu’il était, sans le savoir, celui qui la violait.

C’est pourquoi des penseurs comme Sigmund Freud, Jacques Lacan, Michel Foucault et René Girard ont tant commenté Œdipe Roi. Pour eux, la pièce n’est pas seulement une tragédie familiale ; elle est une réflexion sur la manière dont une société produit la vérité et exerce la justice.

Œdipe ne cherche jamais à se disculper. Dès qu’il soupçonne que le meurtrier pourrait être lui, il poursuit l’enquête avec la même détermination. Il résiste à Jocaste, qui voudrait arrêter les recherches, et il exige d’entendre le vieux berger jusqu’au bout. Autrement dit, la recherche de la vérité l’emporte sur son intérêt personnel.

À cet instant, Sophocle accomplit quelque chose de très singulier : l’enquêteur, le juge et le futur condamné deviennent une seule conscience. La justice ne triomphe pas parce qu’un coupable est capturé, mais parce que celui qui a voulu appliquer la loi accepte qu’elle s’applique à lui-même. C’est sans doute cette identité entre la quête de vérité et l’acceptation du jugement qui rend la structure d’Œdipe Roi si difficile à reproduire dans le roman policier ou au cinéma.

Faire surgir la vérité… ou pas

Ce n’est pas exactement un procédé de « versions contradictoires » comme dans Rashōmon. C’est quelque chose de plus subtil : deux récits parfaitement vrais, mais qui n’ont pas le même sens tant qu’ils ne sont pas rapprochés.

Œdipe raconte sincèrement : « J’ai tué un vieil homme au carrefour, après une querelle. »

Le vieux berger raconte sincèrement : « Le roi Laïos a été tué au carrefour ; un seul serviteur a survécu. »

Pendant toute la pièce, ces deux récits coexistent sans que personne — pas même Œdipe — ne fasse le lien. Le spectateur, lui, est progressivement conduit à comprendre que ce sont les deux descriptions d’un seul et même événement.

C’est une structure d’identification progressive plutôt que de contradiction.

Dans le roman policier, plusieurs œuvres utilisent une mécanique comparable.

  • Le Meurtre de Roger Ackroyd est probablement la plus célèbre. Tous les faits rapportés sont exacts, mais leur interprétation est faussée par la manière dont ils sont racontés. Le lecteur découvre à la fin que les mêmes événements prennent un sens totalement différent.
  • Cinq petits cochons va encore plus loin. Les cinq témoins ne mentent presque jamais ; ils racontent chacun ce qu’ils ont vu. C’est seulement lorsque Poirot superpose leurs récits que le véritable enchaînement apparaît. Là encore, le sens naît de la confrontation de récits partiels.
  • Chez Jorge Luis Borges, notamment dans La Mort et la Boussole, le détective dispose d’indices vrais mais leur attribue un mauvais sens. La vérité n’est pas cachée ; c’est l’interprétation qui est erronée.

Ce qui rapproche vraiment Œdipe Roi du roman policier moderne n’est donc pas le mensonge des témoins. Au contraire, presque tout le monde dit la vérité :

  • Tirésias dit la vérité.
  • Le messager de Corinthe dit la vérité.
  • Le vieux berger dit la vérité.
  • Œdipe lui-même raconte fidèlement ce qu’il a fait.

Le drame vient du fait que chacun possède une partie de la vérité, mais personne n’en possède la clé d’interprétation.

D’ailleurs, de nombreux spécialistes considèrent Œdipe Roi comme un proto-roman policier. Aristote admirait déjà la perfection de sa construction dramatique, et au XXᵉ siècle plusieurs critiques — notamment Charles Segal et Jean-Pierre Vernant — ont montré que Sophocle construit l’enquête exactement comme une investigation criminelle : indices dispersés, témoins successifs, reconstitution d’un événement ancien et renversement final où la solution consiste moins à découvrir un fait caché qu’à reconnaître que tous les faits connus désignaient depuis le début un seul et même homme.

C’est ce qui fait la modernité d’Œdipe Roi. La pièce ne repose pas sur un « coup de théâtre » au sens d’une information nouvelle, mais sur une réinterprétation brutale d’informations déjà connues. En ce sens, Sophocle anticipe des procédés que l’on retrouvera bien plus tard chez Christie, Borges, puis chez des auteurs contemporains comme Paul Auster ou Umberto Eco.

D’autres exemples littéraires

Il existe plusieurs œuvres célèbres fondées sur ce procédé narratif, mais selon ce que vous décrivez (« plusieurs versions d’un même événement qui permettent finalement d’identifier le vrai coupable »), certaines sont particulièrement emblématiques.

Rashōmon

C’est l’exemple canonique.

Quatre personnes racontent le même crime :

  • le bandit,
  • la femme,
  • le mari (par un médium),
  • le bûcheron.

Chaque récit est incompatible avec les autres. Le spectateur comprend que chacun reconstruit les faits selon son intérêt, son orgueil ou sa culpabilité.

En revanche, contrairement à votre formulation, Rashōmon ne conduit pas à la condamnation du véritable coupable. Au contraire, la vérité demeure fondamentalement inaccessible. C’est même de là que vient l’expression « effet Rashōmon ».

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The Last of Sheila

Ici, plusieurs personnages donnent des versions différentes d’un accident ancien et d’un meurtre récent.

Le détective reconstitue progressivement les contradictions entre les récits.

C’est probablement l’un des meilleurs exemples de votre description : les incohérences des témoignages conduisent à l’identification du véritable assassin.

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Les romans d’Agatha Christie

Christie utilise très souvent ce procédé.

Par exemple :

  • Le Meurtre de Roger Ackroyd : chaque personnage raconte sa version des événements ; la confrontation des témoignages révèle la vérité.
  • Cinq petits cochons (Five Little Pigs) : probablement le plus proche de votre question.

Dans Cinq petits cochons, Hercule Poirot interroge cinq témoins seize ans après un meurtre. Chacun rédige un récit détaillé des mêmes journées. Les différences de perception et les contradictions permettent à Poirot de reconstruire le crime et de désigner le véritable meurtrier.

Beaucoup de critiques considèrent ce roman comme l’un des chefs-d’œuvre de Christie précisément parce qu’il repose sur la comparaison méthodique de plusieurs versions d’une même histoire.

Si vous pensez à une œuvre où plusieurs personnes racontent explicitement la même scène sous des angles différents, et où la comparaison de ces versions permet de condamner le véritable coupable, alors Cinq petits cochons est sans doute l’exemple le plus classique dans le roman policier, tandis que Rashōmon est le modèle philosophique du procédé, même si son propos est justement de montrer que la vérité ne peut jamais être complètement reconstituée.

D’autres oeuvres usilisant le même procédé

On retrouve des variantes de ce schéma.

Dans Angel Heart, d’Alan Parkte, le détective découvre progressivement qu’il est lui-même lié au crime qu’il enquête. La révélation est clairement d’inspiration œdipienne. C’est l’exemple le plus proche. Mais le récit est conduit par le diable, ce qui laisse un peu de place au héros pour se déculpabiliser.

Dans Le Meurtre de Roger Ackroyd, l’enquêteur n’est pas le coupable, mais le narrateur est celui qui oriente toute l’enquête tout en cachant sa propre culpabilité.

Dans Shutter Island, le marshal enquête sur une disparition avant de découvrir que toute son enquête concerne sa propre identité et ses propres actes. Là encore, l’investigation devient introspection.

Dans Memento, le héros poursuit un assassin sans comprendre que sa propre mémoire falsifiée le place au cœur de l’affaire.

On peut penser à Jason Bourne, 13…Mais dans tous ces cas, il manque quelque chose : le héros n’est pas investi de l’autorité souveraine d’Œdipe.

Sophocle, unique

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