Que va devenir la jeunesse des émeutiers?

La fin de la jeunesse

Émeutes lors de la mort de Nahel, de la victoire du PSG, de pseudo-manifestations étudiantes posent une question cruciale: que va devenir cette jeunesse? J’étais étudiant pendant les grèves de 1995, déjà déclenchées par la gauche pour empêcher toute réforme des retraites. Le gouvernement Juppé avait reculé. Pas au bout de deux jours, mais au bout de deux ou trois mois de blocage. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Le Président appelle à l’empathie avant même les émeutes. La police n’est plus seulement désarmée, elle est absente, avec des effectifs, dit-on, divisés par trois par rapport à ceux mis en place pour recevoir le Pape Léon XIV.

Que doit faire un jeune qui a peur de l’avenir aujourd’hui? Casser son lycée? Poursuivre les proviseurs? Brûler son université? Où étudier plus que jamais et réfléchir à la construction de son avenir? Les jeunes se plaignent des professeurs absents et du trop grand nombre d’heures? Ils ne veulent pas payer les retraites de leurs aînés? Ils ne veulent pas de Parcoursup et veulent des climatiseurs immédiatement partout? Mais ils mettent le feu aux établissements? Ils veulent de meilleurs cours, mais refusent qu’on leur prenne leur téléphone portable à l’entrée des établissements ? Ils veulent une meilleure intégration, mais refusent la sélection, l’orientation et l’apprentissage? En fait, on ne comprend rien à leurs revendications. C’est normal, elles sont contradictoires et n’ont pas de sens.

Le pays est ruiné. Il n’y a pas plus d’argent pour l’éducation que pour quoi que ce soit d’autre. Le savoir n’a jamais été aussi disponible. Entre Wikipédia, l’IA, youtube, etc., les jeunes d’aujourd’hui ont plus de moyens pour étudier que jamais personne n’en a eu dans toute l’histoire de l’humanité. C’est sûr, rien n’est jamais parfait. Et le pays tout entier est dans un état de délabrement avancé. L’idéal ne doit servir à dévaloriser la réalité, mais à construire un monde meilleur. L’utopie ne doit pas être le déguisement du nihilisme, mais donner l’énergie de construire. La jeunesse devrait se retrousser les manches et chercher comment construire de la croissance. Elle casse, elle détruit, elle se plaint.

C’est évidemment mille fois pire avec la jeunesse des émeutes. Ils ont entre 18 et 25 et sont principalement des hommes. Mais la proportion de jeunes femmes est loin d’être négligeable. J’habite en centre-ville. J’ai vu la préparation du 17 octobre dans les rues. Personne n’est venu manifester. Tout le monde est venu combattre. Petits groupes, individus équipés, instructions données, coordinations spontanées de ceux partageant une même doctrine anti-police. Aucun hasard, aucun débordement, aucune différence. Nous sommes face à une partie entière de la population qui est en train de faire sécession et qui est d’accord pour détruire le pays.

Si vous avez commencé votre vie en pillant un magasin de sport, quel citoyen serez-vous à 50 ans? Quels sont les principes de votre action? Quelle est votre motivation pour construire votre vie? Quels sont vos rapports aux institutions, aux autres, à la pensée, à l’art? Le conflit, le rejet, la violence, la haine, l’insociabilité. Nous voyons tous les jours à quel point changer de conception, se remettre en cause, apprendre, etc, sont le travail d’une vie. Y compris pour des personnes cultivées, instruites et de bonne volonté. Alors quand on parle d’une jeunesse complètement désocialisée, que peut-on attendre?

Les 1001 responsabilités

Dans les 1001 nuits, Shérahazade échappe à la mort en racontant tous les soirs une nouvelle histoire qui tient son bourreau en haleine. Nous vivons dans le monde inverse. Nous entendons tous les jours les 1001 discours de la haine et de la destruction. Les parents, l’école, les partis politiques, sont tous responsables de la situation. Nous sommes dans la spirale mortelle du communisme. Et cela commence à l’école. La très grande majorité des professeurs est de gauche et d’extrême gauche. Il en est de même des syndicats. Dans toutes les matières relatives aux sciences humaines, les discours wokistes, égalitaristes, politiques, Les syndicats n’appellent qu’à travailler moins. LFI et toute la gauche dénoncent le travail, l’argent, le capital et légitiment l’action violente. La droite ne défend plus le travail depuis 1995 justement.

Personne ne veut le dire, mais les émeutes sont des émeutes, du point de vue idéologique, qui sont wokistes. Dénonciation de la colonisation, terminée depuis une ou deux générations. L’Occident est ontologiquement coupable. Dénonciation des hommes, et il y a majoritairement de jeunes hommes dans les manifestations. Excitation par les réseaux sociaux et développement massif de la violence mimétique. Discours religieux. On « l’oublie », mais les musulmans n’acceptent toujours pas la République. Ils continuent à soutenir, même les moins radicaux, que l’Islam est au-dessus des lois de la République, que la démocratie n’a strictement rien à dire sur le voile, le burkini ou l’abaya. Que Dieu est au-dessus de la loi. L’alliance avec la gauche terroriste marxiste est organisée par LFI. Ils ne sont peut-être pas d’accord sur une doctrine positive post- révolution. Mais comme ce sont essentiellement des mouvements nihilistes qui ne cherchent qu’à démolir la démocratie, ils se fichent bien de leur désaccord. C’est l’union des haines, la coalition des rages qui leur sert de ciment. Et ce ciment est l’un des plus puissants.

Irrécupérables?

Qu’offrons-nous à ces jeunes? Pas grand-chose à vrai dire.

-L’enseignement est nul et il n’ouvre plus à la beauté, à l’art, ou à la pensée. Enseigner la haine du capitalisme partout, c’est juste enseigner la haine.

-Le monde des entreprises est étouffé par la concurrence extérieure, les impôts, et la violence des rapports sociaux internes. Il n’y a plus de place pour tout le monde. Et partis comme nous le sommes, le chômage va à nouveau exploser.

-Sur les rapports sociaux, ce n’est pas mieux. Les rapports sexuels se sont effondrés. Et le lien entre le développement de la violence sociale et la chute des relations sexuelles crève les yeux d’évidence. Nous avons basculé, en quelques années à peine, d’Eyes wide shut à la fin du sex, l’effondrement des naissances et aux émeutes urbaines. Pourquoi construire un monde meilleur quand on n’a pas d’enfant?

-Le logement est bloqué. Les jeunes ne peuvent plus partir. Ils ne peuvent plus avoir de territoire à eux.

-Leur horizon est de payer toujours plus la retraite des aînés et de gagner toujours moins, dans une société d’ogres qui a déjà dévoré l’avenir de sa jeunesse. L’une des seules mesures d’économie du gouvernement Lecornu a été de couper le financement de l’apprentissage et de démolir l’intégration des jeunes dans l’entreprise. Depuis 25 ans, nous savons qu’il faut un allègement des charges sur une large partie des premiers emplois. Nous ne faisons rien.

-Les jeunes sont enfermés dans leurs téléphones et leurs réseaux sociaux. Il n’y a plus de lecture obligatoire à l’école. Ils ne connaissent plus l’histoire. Ils sont sujets à toutes les manipulations. La dépendance aux écrans est un tel fléau que tenter de l’interdire, ou de le limiter, à ses propres enfants, se transforme en guerre générationnelle.

-Ceux qui le pourront partiront à l’étranger dès leur diplôme acquis. La fuite des rares cerveaux restant, principalement des ingénieurs, fera encore baisser le niveau intellectuel général du pays.

-L’IA attaque l’intelligence, même si elle va également permettre des nouvelles activités, nous savons que les vendeurs d’infrastructures sont ceux qui gagnent à tous les coups.

-Un contexte économique à la violence débridée.

-La plus grande croissance économique en France est celle de la criminalité organisée. Elle donne un commerce, une clientèle, une structure et un territoire. Tout ce que la gauche a étouffé de ses principes mortifères et qui revient par la violence.

Ces jeunes ne deviendront rien. Mes camarades émeutiers de 95 se sont retrouvés pour une très grande partie très rapidement au chômage. Une partie est devenue marginale et cassos. Ils sont les parents spirituels de cette nouvelle génération de rageux.

Un pays qui se rapproche dangereusement de la guerre civile

Dès qu’un jeune croise un vieux dans la rue, que voit-il? Un connard qui l’empêche de vivre. Dès qu’un quinquagénaire voit un jeune, il voit désormais un pillard en capuche. La rupture est consommée. La confiance met des années à se construire et peut être détruite en une seule journée. La confiance ne reviendra pas.

La ruine du pays va tous nous faire sombrer dans une décennie noire, faite de récession et de violences. La France est un peuple de lâches. Elle n’a pas su réagir avant, depuis 50 ans que le mur est devant nous. Elle ne saura pas plus le faire maintenant. Nous pourrions tout à fait devenir l’Argentine de l’Europe.

Quand on n’offre à la jeunesse ni culture, ni famille, ni enfant, ni travail, ni argent, ni logement, que peut-on attendre si ce n’est la violence?

Fair des vidéos youtube de Lego ne sera pas suffisant

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