Depuis la fin de la civilisation Egyptienne antique, l’Occident, d’Athènes à Washington, a plus ou moins toujours dominé l’histoire mondiale. La question brutale que nous devons nous poser est désormais de savoir si nous sommes nous à la fin de ce cycle.
Menace extérieure
Nous avons déjà pointé, dès le début de la guerre en Ukraine, l’alliance des CRIC, désormais reconnue par tous et appelés CRICN, qui menaçait l’Occident. Guerre en Ukraine, guerre inévitable contre l’Iran, il ne reste plus à la Chine, derrière les deux conflits, qu’à attaquer Taïwan. Pour l’instant, elle concentre ses attaques contre le dollar et la garantie américaine sur le commerce mondiale. Quand on pèse à soit seul 30% de toute la production industrielle mondiale, on a des arguments.
Nous avons déjà largement parlé de ce point précédemment. Ce qui nous intéresse ici, est plutôt la réaction de nos démocraties, qui semblent en grande partie s’effondrer sur elles-mêmes. Le Covid, la guerre, et désormais l’explosion de la pauvreté brisent nos institutions libérales partout dans le monde.
Menace interne
Comment ne pas être consterné de voir à quelle vitesse le sentiment démocratique est en train de vaciller? Toutes les plus grandes démocraties sont touchées, chacune à leur manière.
La Grande-Bretagne est ruinée, se fait dévorer par l’immigration de son ancien Empire et s’est perdue entre les Etats-Unis et l’Europe. L’idée d’un retour dans l’Unions Européenne fait son chemin. Mais les nationalistes continuent à avoir une très forte audience. La sortie de l’Union n’a pas été préjudiciable qu’à la Grande-Bretagne. Elle a complètement déséquilibré l’Europe, isolant la France et l’affaiblissant par rapport à l’Allemagne, même si elle fait encore partie de l’Otan et reste l’un des principaux soutien de l’Ukraine. Comme la France la Grande-Bretagne sombre sous ses politiques de gauche. L’ancien plus grand Empire du monde n’a toujours pas réussi à se réinventer. Il paie la croyance en sa vertu pacificatrice en maintenant un système proche du multiculturalisme qui ne peut conduire qu’à la guerre civile.
La France a un pied dans le chaos. La dette est hors de contrôle. L’Assemblée a retrouvé ses réflexes de divisions et d’immobilisme. Aucune réforme sérieuse n’est possible. Les extrêmes montent au ciel. Un parti authentiquement anarcho-communiste, ayant pour modèle Cuba et le Vénézuéla fait la loi dans la rue et déclenche, reprend ou incite à la révolte et à la sédition. Les institutions ne font rien. Elles sont entièrement gangrénée par la gauche, dans un pays ou 57% du PIB passe par l’Etat. On a longtemps dit que la France était un pays communiste qui avait réussi. Il est désormais en train d’échouer, comme tous les autres. Les émeutes ne cessent de s’amplifier.
L’Allemagne est également au bord de la rupture. L’Allemagne est supposée rationnelle. Mais quand on regarde la liste de ses erreurs, on reste pantois. Incapable de créer une défense européenne avec ses voisins, elle continue à acheter des milliards d’armes aux Etats-Unis dont la garantie a disparu. L’abandon du nucléaire et le recours massif au charbon en font depuis des dizaines d’années, même avant la rupture avec la Russie, le pays le plus polluant d’Europe et de très loin. Etrange pour un pays qui se veut écologique. La collusion avec la Russie, Schroder, ancien chancelier, présents à tous les anniversaires de Poutine, Merkel éduqué dans les jeunesses communistes, donne des cauchemars. L’explosion de l’AFD, authentiquement d’extrême droite, laisse sans voix. Remigration, ségrégation, attaque de l’Alsace et de la Lorraine… L’effondrement économique est également patent. L’Allemagne a menti sur les performances écologiques de ses véhicules, dans un refus consternant de passer à l’électrique. Tout est parti du dieselgate. Aujourd’hui, l’Allemagne se réveille avec une industrie démolit et un pays qui n’a pas pris le virage de la digitalisation. Et plutôt que de se tourner vers ses alliés, la France et la Pologne, ce sont les anciens réflexes qui reprennent le dessus. Nous découvrons avec effroi que la réunification, malgré les dizaines de milliards investis, la reconfiguration complète de l’Allemagne de l’est, n’a pas réussi. Les mentalités de l’est sont restés est-allemandes, c’est-à-dire, totalitaire. La génération nées après la chute du mur a échoué à effacer le double héritage du nazisme et du communisme. C’est terrible. L’Allemagne, comme la France, court vers les émeutes et la guerre civile.
Et que dire maintenant des Etats-Unis? Trump coche, à titre personnel, toutes les cases du fascisme, et une grande partie de son administration suit. Attaque contre la justice, la presse, la liberté d’expression. Création d’une police intérieur de l’immigration, l’ICE, qui a presque tout d’une milice. Trump a aussi démoli la principale source de revenu de l’Etat en asséchant les impôts sur les entreprises, déclenchant une crise de la dette désormais mondiale. A l’International, Trump est bien plus empressé de prendre la tête des CRICN que de défendre la plus grande alliance mondiale des démocraties, qui fait régner l’ordre sur la planète, à savoir l’Otan. Retrait d’Ukraine, retrait du soutien à l’Europe, chantage à l’Australie sur les sous-marin, les Etats-Unis démolissent le joyaux de la couronne de leur propre domination mondiale. Le second pilier, le dollar, suit le même chemin. Trump s’est considérablement enrichi à titre personnel en lançant une crypto-monnaie, c’est à dire en affaiblissant le dollar. L’explosion de la dette et la mise en place de la politique des tarifs douaniers détournent de la puissance américaine. La Chine n’a qu’à se baisser pour ramasser les morceaux. Trump attaque toutes les institutions internationales,
La guerre en Iran était justifiée. Mais Trump et son administration l’on conduite de la pire des manières. Il fallait renverser le régime. Il faut toujours libérer le Liban et le Yemen, qui est redevenu une plateforme Houtis. Trump n’avance pas sur ces deux dossiers cruciaux. Il est dépassé. Pire que tout, il vient d’accepter le pétrole de Poutine, qu’il va juste revendre deux fois plus cher au reste du monde. « Un salopard à la Maison Blanche » est le titre de ce mauvais film que nous allons encore devoir subir pendant deux ans, sans garantie d’un avenir meilleur. Jamais une telle ordure n’a présidé les Etats-Unis.
Malgré tout, Trump n’est pas l’Amérique. La grande question est de savoir si les institutions vont survivre à celui qui n’a jamais été jugé pour les émeutes du 6 janvier 2021 au Capitol. Incroyablement faible contre l’émeute, La Cour Suprême, même manipulée, a rejeté un grand nombre de des mesures du Président, prises en violation de la séparation des pouvoirs, dont la hausse des droits de douane. Sur l’IVG ou le vote par correspondance, Trump a des arguments. La loi américaine n’est pas comparable à notre droit français. La liberté précède le jugement. L’ICE serait certainement impossible en France. Elle ne l’est pas aux Etats-Unis. La situation juridique est donc délicate à trancher. La gauche démocrate longtemps empêtrée dans le wokisme semble se réveiller, mais elle est encore tellement communiste, comme le nouveau maire de New York, qu’il n’est pas certain que la solution vienne de ce côté. Par rapport à l’Europe, les Etats-Unis ont tout de même un avantage par rapport à l’Europe: ils n’ont jamais connu d’autre régime que la démocratie. Ils n’ont pas de nostalgie monarchiste, aucun respect pour Rome, et la haine du communisme reste profondément ancrée.
La démagogie, cancer de la démocratie
Voilà pour le contexte général. Ce ne sont plus des nuages, c’est l’orage qui pointe à l’horizon. La troisième guerre mondiale est désormais à nos portes. Et que font nos peuples et nos politiciens? Ils font ce qu’ils savent faire le mieux, de la démagogie.
A gauche, LFI et le parti socialiste ont ressorti le parfait manuel du petit marxiste. Haine des juifs, haine des bourgeois, rebaptisés tantôt milliardaires, tantôt fascistes, haine tout simplement de la démocratie. On a l’impression d’entendre chaque jour le Manifeste du parti communiste à la télévision. L’action violente révolutionnaire, qui n’a rien à voir avec la désobéissance civile et tout à voir avec la prise du pouvoir par la force, s’entraîne sous l’oeil complaisant des caméras. Tout ce qui n’est pas extrême gauche communiste est l’ennemi fasciste. Le pire du pire est de voir le pays avalé petit à petit par ce discours, alors même que nous savons que le communisme a failli. 100% d’échec. La pure égalité, dans toute sa morbidité nihiliste.

A droite, le RN, tout de même moins virulent, s’en prend aux étrangers au sens large, de l’immigré à l’union européenne. Tout ce qui n’est pas « français » est la cause du mal. On se demande bien comment cette logique peut convaincre. Ce ne sont pas les immigrés qui ont créé les 3500 milliards de dette.
En Allemagne, l’AFD nous sort le pire de tous les discours, authentiquement fasciste et bien aux portes du nazisme. L’autre est la cause de tout: remigration, apprentissage du russe à l’école en seconde langue, fin du soutien à l’Ukraine. On se pince pour y croire. Les dispositifs de la démocratie active, supposé permettre de contenir les partis extrême ont volé en éclat et ne servent à rien. A Berlin, c’est Die Linke, le parti communiste, qui progresse, dans une moindre mesure. Pas de surprise sur les slogans, ils sont tous communistes.

Le cauchemar de Socrate
Pourtant, et là est le paradoxe, nous savons, de manière certaines et avérés, que ces solutions n’en sont pas et n’ont aucune chance de sortir ses pays de l’ornière. Elles mènent droit à la ruine et à la guerre. L’effondrement démographique touche toute la planète. Il faut une partie d’immigration, ne serait-ce que pour maintenir les pays en l’état. Nous savons également que le nationalisme mène à la guerre et qu’il faut laisser les pays en parti « ouvert », libre, avec une circulation d’hommes, d’idées, de religion, pour ne pas sombrer dans le totalitarisme. La Turquie est bien plus avancée dans le retour de la pure dictature, notamment par l’interdiction de toute opposition politique.
Du point de vue économique, nous savons que sans initiative privée, si l’on ôte aux individus les moyens de développer leur activité marchande, l’économie s’effondre. Tout le pouvoir se concentre dans les mains de l’Etat totalitaire, qui ne peut pas gérer l’économie d’un pays à lui tout seul. Mais rien n’arrête la folie, comme on le voit dans l’immobilier. Les gouvernements ont tous pris des mesures de gauche qui ont bloqué le marché, pour des raisons soi-disant écologique. Et maintenant qu’il y a une pénurie de logement, plutôt que de favoriser le privé et la construction, ils nationalisent. Folie! Ce n’est rien d’autre que de l’enfermement communiste.
Mais ces discours extrêmes fonctionnent en démocratie. Ils fonctionnent mieux que les discours rationnels, fondés, proportionnés. Pourquoi? Socrate dénonçait les sophistes. Nous n’avons dans nos politiciens, quasiment que des sophistes. Le refus de la réalité est absolument dingue. Les 3500 milliards de dette, le poids des retraite et de la santé sont évident. Ils crèvent littéralement les yeux (comme chez Oedipe). Et 90% de la classe politique refuse simplement de le voir. En Allemagne la politique énergétique et industrielle est un désastre. Mais l’urgence est de démolir la France, son industrie militaire et énergétique et de virer les « étrangers ».
Les lois du discours
La masse est incapable de recevoir un discours rationnel argumenté. Plus il y a de monde dans un groupe, plus la rationalité disparaît. A deux sans témoin, si les personnes sont honnêtes, un échange est possible. Mais la plupart du temps, l’un a des positions relativistes ou est déjà convaincu d’être porteur d’un discours de vérité. A plusieurs, la possibilité dépend de l’organisation. Avec un chef en entreprise, il est impossible d’avoir raison contre son chef. Entre ami, c’est toujours le plaisir qui prime. Avec des femmes, et oui il faut le dire, le relativisme est la norme. Chacun sa vérité… comme si deux + deux égale quatre n’était pas universel. Plus le groupe auquel on s’adresse est large, plus le discours doit être irrationnel. La communauté scientifique en mathématique ou physique est finalement très étroite. La vraie philosophie n’existe quasiment plus, perdu dans la rhétorique gauchiste de l’idéologie. Même les lieux de savoir ne sont pas une garantie de rationalité. Les discours les plus universaux, de la littérature ou de la religion, sont aussi les plus imaginaires.
- Désigner un coupable : couper les liens entre les hommes, pour désigner des bons et des mauvais
- Nier la réalité, et principalement la réalité financière
- Faire croire à ses électeurs qu’ils sont supérieurs aux autres, par une vertu particulière
Le discours politique consiste à vendre du bien et du mal à ses troupes. D’où vient cette étrange conception de la morale, d’ailleurs complètement en opposition à la réalité de l’organisation du droit des mêmes sociétés, qui est lui basé sur la morale des Lumières et les droits de l’homme? De la religion. Le rapport à dieu est l’origine de tout.
Les discours religieux, physique et métaphysique
Cela fait bien longtemps que je m’interroge sur la logique des discours religieux et principalement sur nos trois monothéismes. Pourquoi désignent-ils à chaque fois un groupe d’hommes « élus » et excluent le reste de l’humanité, tout en prétendant avoir accès au dieu seul et unique. Cela n’a aucun sens. S’il n’y a qu’un dieu, tous les hommes sont égaux face au dieu. Tous sans exception. C’est que le but des religion n’est pas celui de la physique ou de la métaphysique. Sinon nous serions tous des adorateurs du Timée de Platon, cette cosmologie des philosophes. Le but des religions est tout à fait différent. Il est d’absoudre ses fidèles pour toutes les horreurs qu’ils commettent. Il est de faire croire que dieu pardonne tous les péchés fait en son nom. Il donne une raison de massacrer et de détester l’autre à une communauté donnée.

Même les Védas, religion pourtant universelle, ne faisant aucune distinction entre les hommes de la planète selon leur religion, s’est abîmée dans le système des castes. La théorie du karma, de la justice divine et de la réincarnation, la même d’ailleurs, à peu de chose près, que l’on rencontre chez Platon (Mythe d’Er, livre X de la République, Gorgias, Phèdre…), dégénère en une théorie des degrés d’humanité. Les pauvres sont des mauvais par nature, par essence cosmique. Ils sont coupables des fautes. Ne trouvant pas d’ennemi et de purification à l’extérieur, contre une autre religion, l’hindouisme a tout de même réussi à en créer un dans sa religion, et à séparer sa propre population en castes, prêtres, guerriers, marchands et intouchables. Des castes finalement très proches des âmes d’or, d’argent et de bronze décrite par Socrate dans la République. Là encore, celui qui traite mal l’intouchable ne craint rien. L’intouchable est déjà par essence et réincarnation cosmique, mauvais. On comprend pourquoi la cohabitation avec la religion musulmane était si difficile et pourquoi la partition de l’Inde après le retrait anglais était inévitable (parfaitement décrite dans Demain la Liberté, de Collins et Lapierre). Là encore, même dans la seule religion universaliste qui nous reste, il a fallu que l’on trouve un moyen de justifier la violence contre une partie de la population.
La religion nous vend partout une morale de pacotille qui sert essentiellement à justifier la jalousie, la haine, la violence, la lâcheté, l’injustice. C’est l’exacte inverse de la philosophie et de l’Ethique, qui appelle au respect et à la réalisation des vertus. La religion sert à recycler le mal. Ego te absolvo, journée du Grand pardon, jeune, etc. Elle n’a en cela rien à voir avec la Métaphysique qui chercher seul le véritable dieu.
