Il y a quelques années, le film Spotlight, appuyé sur une enquête très minutieuse, dévoilait l’horreur de la pédophilie dans l’Église. https://fr.wikipedia.org/wiki/Spotlight_(film) 6% des prêtres de l’échantillon étaient des pédophiles. L’Église était forcée de réagir, de se regarder en face. Nous pouvions croire à l’époque, que le scandale était circonscrit à l’Église. L’interdiction du mariage, la proximité avec les enfants, le manque de contrôle, voire l’étouffement des affaires par les autorités religieuses. L’Église devait absolument être balayée devant sa porte. Le scandale datait de 2001 et le film de 2015.
La multiplication des scandales
- 1999, Stanley Kubrick sortait son dernier film, Eyes wide shut. Le film présente un médecin découvrant une secte libertine dont les maîtres sont de puissants hommes d’affaires de New York. Nicole Kidman conclut le film par ces mots : « Now we know. Now, we are awake. » Certains s’interrogent toujours. Que savait Kubrick? Qu’a-t-il voulu dire? Le milieu du cinéma était particulièrement sujet aux dérives sexuelles. Rétrospectivement, il est impossible de ne pas voir ce film comme une dénonciation.
- 2001, l’affaire d’Outreau éclate, un scandale de pédophilie qui se double d’un scandale judiciaire.
- 2006-2008, l’affaire Epstein commence. Elle éclatera en 2019 au niveau mondial.
- Mai 2011, Dominique Strauss-Kahn tente de violer sa femme de chambre dans un hôtel de New York. Nous découvrons alors la face cachée d’une vie absolument sordide.-
- 2011-2012 éclate le scandale des Grooming gangs en Grande-Bretagne. Une affaire incroyablement sordide dans laquelle des gangs pakistanais sont accusés d’avoir mis en place un réseau de proxénétisme visant des mineurs. 1 400 enfants ont été victimes entre 1997 et 2013. Le scandale est toujours en cours.
- 2017, Alyssa Milano reprend et relance le #Metoo, créé en 2006 par Tarana Burke. Le scandale Weinstein éclate.
- 2018 l’affaire Depardieu éclate.
- 2020, Mme Springora publiait Le consentement, pour dénoncer le tristement célèbre Matzneff.
- Février 2020, la Russie déporte des enfants ukrainiens dès le début de la guerre en Ukraine.
- En 2021, le Sénat lance une commission d’enquête. La Civise publie son rapport. https://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_ind%C3%A9pendante_sur_l%27inceste_et_les_violences_sexuelles_faites_aux_enfants Nous avons alors appris que 6-8% de la population faisait ou avait fait l’objet de violences sexuelles, la plupart du temps au sein même de la famille.
- La même année, sortait La Familia Grande, révélant un scandale pédophile dans la famille d’un ancien ministre et d’un professeur éminent à Sciences-Po Paris.
- 2024, l’affaire des viols de Mazan, aussi appelée affaire Pélicot, passe en justice. 10 ans de viol sous médicaments.
- 2025 éclate le scandale du périscolaire à Paris. Comment cela a-t-il pu arriver? Pourquoi la mairie n’a rien fait? Une belle idée s’est transformée en cauchemar.
- 2026, Patrick Bruel… il n’y a donc aucun homme célèbre capable de se tenir? La richesse, l’art, la célébrité ne sont en aucun cas des facteurs de vertus personnelles. La richesse est pour certains un piège. Mélinda Gates expliquait récemment qu’après avoir découvert comment les riches élevaient leurs enfants, elle avait décidé de donner à ses filles une éducation typiquement middle class (sans doute tout de même dans de bonnes conditions…).
- Les violences faites aux femmes ne semblent pas du tout reculées. Pire, comme pour les enfants, les autorités ne parviennent pas à mettre en place un système de signalement vraiment efficace.
Nous ne pouvons même plus tout citer tant il y a d’affaires, plus affreuses les unes que les autres.
Mais quel monde immonde!
Une telle liste, qui n’est, en plus, même pas complète, ne peut que profondément nous écoeurer sur la réalité de la nature humaine. À vrai dire, nous avons mélangé deux sujets, celui de la pédophilie et celui des viols et violences envers les femmes. Mais la continuation semble malheureusement assez claire. Les études de l’ONU, désormais malheureusement sujettes à caution, pointent un phénomène mondial. 1/3 des femmes de la planète auraient subi des violences sexuelles ou conjugales au cours de leur vie.
Le sandale dans le scandale
Il n’y a plus aucune manière de penser que tout ceci serait lié à un hasard, des contingences, des phénomènes concentrés sur certains groupes. Le phénomène est mondial. On peut bien en appeler aux coutumes, aux valeurs, à la relativité, rien n’y fera. C’est une honte universelle qui nous submerge. Et c’est évidemment pire dans nos démocraties, qui prétendent défendre des valeurs morales et ne font de fait quasiment rien. Pire, elles ont légitimé l’horreur pendant des décennies, comme le prouve la pétition pro-pédophilie en France de 1977.
Comme si ce n’était pas suffisant, il y a un scandale dans le scandale, et c’est le scandale de la Justice. Affaire Lyhanna, mais aussi affaire Thomas, et tant, tant d’autres! Les plaintes ne sont pas correctement prises. Puis elles ne sont pas correctement traitées. Et quand elles sont traitées, les peines, fautes de place en prison ne sont pas suffisantes pour calmer le peuple.
D’autres affaires n’ont aucune chance d’être traitées correctement. L’affaire Thomas n’a désormais aucune chance d’être traitée correctement (pas de mobile raciste anti-blanc, pas de réunion en bande organisée, des choix qui questionnent). Le volet français de l’affaire Epstein est au point mort. Les émeutes lors de la victoire du PSG ont donné lieu à des poursuites faméliques. On continue à brûler des voitures pour fêter la nouvelle année. Mais pour chasser François Fillon pour trois costumes, la justice est inflexible.
Le bouc émissaire
La réalité est que le système du bouc-émissaire tourne à plein, malgré tous nos dispositifs. L’autre est devenu insupportable. La société victimaire renverse la justice. Pourquoi l’autre serait plus victime que moi? La liberté est retournée contre les victimes: « il l’a bien mérité », mais « c’est une enfant difficile », ou « à 12 ans c’est déjà une adolescente », font partie des justifications des services sociaux anglais pour avoir fermé les yeux sur les grooming gangs. Les personnes chargées de faire respecter ses règles sont elles-mêmes en position de démission morale. Paradoxe ultime, si elles n’étaient pas là, ce serait encore pire – mais en même temps, elles se cachent derrière les procédures administratives. Elles n’en peuvent sûrement plus. Mais pourquoi se mettre dans une telle situation?
Je l’ai vécu en famille : dénoncez les mauvais traitements et vous êtes les coupables ; vous troulez les identifications sado-masochistes qui sont d’une puissance que l’on n’imagine pas. Le même mécanisme est à l’œuvre en entreprise. J’ai dénoncé une entreprise internationale qui fraudait allègrement les règles fiscales. Mais je me suis renseigné avant. J’ai mis des gants, imprimé les documents, mis les documents à la poste, toujours avec mes gants. Pourquoi? Parce que, de source interne, à l’époque, les services fiscaux cherchaient les empreintes, voulaient connaître les sources, leur nom, leur position, pour les mouiller, pour les corneriser dans des procédures éternelles les mettant en cause elles-mêmes et pas la société dénoncée.
Le mécanisme est toujours le même: ne pas se remettre en cause et mettre la faute sur l’autre. Rester pur à ses propres yeux en ne faisant rien. Voilà le but. Girard a été bien trop optimiste quand il a expliqué que Jésus avait réellement racheté tous les péchés et nous avait libérés de la mécanique du bouc émissaire. C’est même l’inverse! Jésus est un prétexte pour ne pas changer moralement, voilà tout ce que nous avons gagné.
Je crois que le lecteur aura compris, je suis en colère. J’en ai marre. Je n’ai plus confiance dans le système de mon pays.
Une société d’ogres
- La méthode globale pour apprendre à lire, ou comment se délester complètement de son métier…
- Affelnet est biaisé dès le passage au lycée. Les élèves ne sont pas triés sur des critères comparables
- Parcousup, c’est encore pire, on met les enfants dans un système où l’on compare des notes incomparables. Le système est en plus inattacable, parce que les destinataires ont accès aux commentaires des professeurs! Comme si les commentaires étaient plus objectifs qu’une notation sur des critères communs! Comme si les établissements lisaient les commentaires!
- Le bac ne sert à rien, c’est une comédie
- Les études commerciales sont désormais réservées aux riches. Il suffit de regarder les tarifs d’HEC et consort, sans même parler des MBA.
- Le chômage des jeunes est catastrophique, comme celui des plus de 50 ans. Que faire dans un pays qui refuse l’économie de marché et le travail? L’une des principales coupes budgétaires a porté sur l’apprentissage. Il coûtait sûrement trop cher, mais depuis 25 ans les patrons nous expliquent que les jeunes sont trop chers… et nous refusons toutes les solutions.
- Les cotisations retraite sur les salaires sont trop élevées. C’est tout le système de retraite, une pyramide de ponzi, qui est en faillite. Quelle erreur du CNR et son programme délirant « Les jours heureux »!
- La dette du pays, dette insoutenable qui va dévaster toutes les générations futures.
- Et bien sûr les 6-8% d’enfants soumis aux violences
Nous sommes dans une société d’ogres. C’est un problème anthropologique. Nous avalons le futur. Zeus est le dieu qui redonne le temps aux hommes. Il défait Chronos qui avalait l’avenir. Nous avons l’habitude d’appeler notre Président Jupiter, le nom romain de Zeus. Mais savons-nous dire ce que cela signifie?
Un potentiel Révolutionnaire
La République a failli. Le modèle social est en ruine. Les enfants ne sont pas protégés. J’ai longtemps cru que la situation des finances publiques finirait par créer une forme de nécessité à réformer. Deux réformes sont urgentes. Une règle d’or financière pour arrêter la folie de 50 ans de budget en déficit.
Mais nos partis et notre Assemblée nationale sont complètement irresponsables. Ils vendent du rêve, l’argent magique, la retraite tout de suite… Aucun ne veut gérer la réalité qu’ils renvoient au gouvernement. Pire, la population suit, réfléchit à peine, n’a plus du tout le niveau intellectuel pour juger, si elle l’a jamais eu.
Mais maintenant je pense que la révolte sera contre la Justice. Je pense et j’espère que nous sommes désormais des millions à en avoir ras-le-bol de cette caste au-dessus des lois qui nous gouverne sans s’occuper de nos vies. Loin des grands principes, c’est la sécurité, le principe de base de tout gouvernement, qui est désormais atteint.