Programme pour relancer l’industrie en France

Les principaux constats concernant l’industrie en France sont les suivants:

  • La concurrence internationale est faussée par les différences normatives, dumping social, environnemental et autres.
  • La France ne s’est pas adaptée à l’Euro et n’a pas tournée la page de son ancien modèle croissance/ dévaluation.
  • La doxa a été à la fois de dire que l’usine n’avait pas d’avenir (Alcatel et l’entreprise sans usine), et qu’il fallait se développer sur les services.
  • Une partie du patrimoine industriel a été vendu à l’étranger, sans aucun intérêt stratégique pour le pays (Usinor vendu à Arcelor, Alstom Belfort à GE).
  • Les syndicats sont trop forts. Rappelons que la CGT, avec la complicité de la justice, a fait fermer Amazon parce que le document unique des risques était mal rempli, et non pas parce que l’entreprise n’avait pas mis en place les mesures nécessaires.
  • En entreprises, l’encadrement passe trop de temps sur des tâches administratives qui ne sont pas productrices de valeur.

Le programme proposé ici est radical. Il peut être pris soit comme un programme complet, soit comme une une liste de points dans lesquels aller piocher des améliorations possibles.Toutes les déclaration d’intention sur la réindustrialisation de la France que nous entendons ou lisons dan la presse font l’impasse sur la méthode. Ce n’est pas étonnant, puisqu’il n’y a aucune manière facile, simple, démagogique, qui permette de transformer pour ainsi dire… sans transformer. L’industrie nécessite un état d’esprit, une discipline, une constance, qui ont trop souvent disparues de nos consciences.

Comme souvent lorsqu’une personne est prise en flagrant délit de mauvais comportement, elle commence par se plaindre des autres. On critique l’Allemagne. On râle contre la Chine, toute en continuant à y produire l’essentiel de nos biens. Il faut au contraire arrêter l’hypocrisie et accepter de se regarder en face, arrêter de se plaindre de l’Europe, du monde, de ceci ou cela. Il faut également savoir si l’on veut remettre l’industrie au centre du pays, c’est-à-dire la favoriser par rapport aux autres secteurs, ou pas.

Impôts:

  • Instaurer une TVA sociale sur tous les produits industriels ne satisfaisant pas les critères sociaux et écologiques de la France: système de santé, retraite, et norme environnementale.
  • Baisse des taxes directes et indirectes: fin de la CVAE/CFE, baisse des charges patronales.
  • Accepter les conditions de l’euro: baisser le coût du travail, augmenter la rentabilité.
  • Mettre fin au scandale de la formation professionnelle en supprimant totalement cette taxe. La taxe d’apprentissage également pourrait être supprimée, au profit d’un crédit d’impôt. Trop d’impôt tue l’impôt.
  • Les règles concernant la défiscalisation internationale doivent être revues. Cependant, ce point ne dépend pas que de la France. Il sera plus simple de commencer par interdire aux sociétés ayant leur activité en France certains montage (marques en Suisse, activité IT à Honk Kong, et tant d’autres montages techniques absurdes: dumping fiscal en Irlande, artistes payés par la Sacem et payant leurs impôts en Suisse. Il faudrait un dossier spécial sur ce point). La solution simple et assez universelle est une exit tax systématisée: tous les flux de cash sortant sont taxés à environ 5%, ce qui est largement suffisant pour impacter drastiquement les montages défiscalisant.

Financement

  • Baisse du délai de règlement à 30 jours et amendes de 5% en cas de retard par 20 jours de retard. Les PME ne sont pas là pour financer le CAC 40, les découverts bancaires et le factor.
  • Baisse des frais bancaires: plafonner les coûts des flux.
  • La baisse des dépôts de garantie pour les locations: il n’y a pas de raison que les bailleurs prennent moins de risques que les industriels.

Productivité et management

  • Alléger tous les coûts non essentiels, administratifs, dus à l’inflation des normes, hygiène, sécurité. Baisse des honoraires des CAC, experts comptables, juristes.
  • Création d’un statut pour les directeurs, rendant leur licenciement plus difficile et renforçant leur pouvoir au sein de l’entreprise. On peut imagier des golden parachute rendant leur licenciement beaucoup plus difficiles. Il faut redonner aux managers le pouvoir de manager. On vante souvent le dialogue allemand. Mais malheureusement ce type de dialogue – constructif et rationnel – est impossible en France. Rappelons simplement qu’il repose en Allemagne sur une doctrine tellement façonnée qu’elle en est devenue la dernière grande thèse philosophique mondiale, celle d’Habermas dans l’Ethique de la discussion. Nous en sommes tellement loin.
  • Développement drastique de l’actionnariat salariés: incitation fiscale, voir obligatoire pour les postes de directeurs. Il faut responsabiliser les salariés et les orienter vers le profit, pas vers l’administration.
  • L’augmentation de l’automatisation et de la robotisation, robot qui doivent d’ailleurs être également fabriqués en France. Pour encourager la hausse de la productivité, on peut imaginer un Crédit d’impôt.
  • Trouver un moyen de créer de grandes entités: par des financements massifs -comme aux Etats-Unis – et en favorisant la concentration (M&A). Il faut notamment baisser le coûts des consultants travaillant sur les opérations de M&A.
  • Les secteurs subventionnés doivent localiser leur production en France: nous pensons notamment à la santé, qui bénéficie de lois particulièrement protectrice et doit donc donner la contre-partie.
  • La baisse du prix des bâtiments industriels et du prix de la construction des nouveaux bâtiments.

Juridique

  • Sécurisation juridique: modèle de statuts, de contrat de travail, de contrats commerciaux donnés par l’Etat, et dont il garantit la validité.
  • Fin de la justice consulaire, foyer d’arrangements sans fin. Il faut la remplacer par une justice professionnelle.
  • Simplification du formalisme juridique: fin du rapport de gestion, des documents prévisionnels, que personne ne lit. Fin des SIG, soldes intermédiaires de gestion: indicateurs franco-français qui prennent temps et argent à réaliser.
  • Réintroduire le respect de la chaîne de commandement en rendant plus difficile les licenciements des directeurs: clause d’indemnité en cas de départ, mini golden parachute, accès au capital de l’entreprise. Pour que les directeurs puissent enfin faire leur travail et pour restaurer la classe moyenne.
  • Limiter drastiquement le pouvoir des professions réglementées, qui cassent le pouvoir des managers en interne (l’avocat plutôt que la DRH – le CAC plutôt que le DAF, etc…). Donnons plus de pouvoir aux directeurs, comme celui d’aller directement en justice, de certifier eux-mêmes les comptes, de faire un plan de sauvetage et de prendre la place du mandataire, etc…

Droit de la faillite

  • Réforme du droit des entreprises en difficultés et en faillite. Déclencher les procédures plus tôt, à l’atteinte d’un ratio d’endettement. Mettre en place une phase amont « d’aide aux entreprises » pour permettre une tentative de retour aux bénéfices avant que la procédure ne devienne publique. Baisse des honoraires des administrateurs et mandataires judiciaires. Permettre au experts comptables d’être administrateur et mandataire.

réglementation du travail (Syndicalisme, URSSAF, médecine du travail, etc)

  • Réforme du syndicalisme, baisse de la protection des représentants du personnel, baisse des heures de délégation.
  • Baisse du champ d’intervention et du pouvoir de l’inspection du travail.
  • Continuer le rapprochement des différentes conventions collectives.
  • Une politique claire sur les notes de frais et des prises de position de l’URSSAF claires quand elle est interrogée.
  • La fin des 35 heures, la souplesse dans l’organisation du travail, et dans la flexibilité des effectifs et des horaires: tout doit revenir à la charge de l’entreprise.
  • Mettre en place un plafonnement des charges sociales et patronales à 25% au total du salaire net. Tout le reste passera par des assurances privées. La baisse des charges doit porter sur tous les salaires, et pas uniquement sur les bas salaires. Il faut être plus compétitif sur tous les postes, et casser la trappe à bas salaire qui a été créée.
  • Calculer la participation uniquement sur le résultat de l’année. Mettre fin au montages déconsolidant la participation dans les groupes.
  • Modifier les règles des congés maladies, dont les employés abusent tellement.
  • La baisse du temps passé et des coûts liés aux réglementation hygiène et sécurité.
  • Supprimer les distinctions entre Cadre et Etam, qui ne font que créer de guerre sociale en entreprise et peser sur la productivité et le management. Un seul contrat de travail pour tous, sauf pour les dirigeants réellement investis légalement d’un pouvoir de décision.

éducation

  • Repenser l’apprentissage en copiant nos voisins et sans doute en créant des filières régionalisées, sous la responsabilité des régions.
  • La formation professionnelle doit être de la responsabilité des entreprises et de chacun. La taxe formation ne sert à rient d’autre qu’à faire exploser les prix des formations (une journée de formation informatique coûte plus chère qu’une journée d’ingénieur informatique!). Le chômage pourrait avoir comme contre-partie une formation obligatoire à mi-temps.
  • Organiser et penser le retour des ingénieurs vers l’industrie. Les principales écoles d’ingénieurs sont devenues des écoles de commerce déguisées. Elles doivent revenir à leur vocation. Londres est l’un des principaux débouchés, ce qui est totalement absurde du point de vue nationale. Les écoles n’étant pas privées, tous ceux qui partent devraient rembourser leur scolarité. Ils ne paieront pas d’impôts en France pour compenser le coût de leur étude.
  • Les autres mesures visant l’éducation sont à développer dans un poste dédié.

On s’interroge parfois sur la nécessité d’avoir un Etat stratège. Ce n’est plus un bon débat. L’Etat a fait cruellement la preuve de son manque de vision stratégique. Il faut laisser l’initiative privée tenir son rôle. L’Etat peut être stratège sans être financier. Il lui suffit d’agir sur les normes par le biais de la loi.

Il peut continuer à gérer le parc déjà existant: les ports (noyauté par les syndicats), les chantiers navals (militaires et civils), le nucléaire, l’aviation, etc. Mais c’est en devenant plus forte, plus compétitive que l’industrie s’en sortira, pas en ruinant le pays (SNCF et développement du TGV). Plutôt que de lancer des plans d’investissement pour le futur, il suffit de baisser les impôts.

Le plus grand projet industriel au monde, l’usine de Gaz naturel liquéfié de Yamal en Russie, piloté par Technip

https://photo.capital.fr/visite-de-yamal-l-usine-a-27-milliards-de-dollars-construite-au-bout-du-monde-21987#une-ville-entiere-construite-pour-accueillir-les-11-000-ouvriers-du-chantier-388325

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