Comment changer toutes ses habitudes et devenir meilleur – 2/4 – En finir avec les mauvaises habitudes

Nous avons vu dans l’article précédent (https://foodforthoughts.blog/2025/01/25/comment-changer-toutes-ses-habitudes-et-devenir-meilleur-1-4-les-bases-philosophiques/) que la raison est généralement un moteur trop faible pour diriger nos actions. Celles-ci dépendent bien plus souvent de nos passions et de nos émotions, que de notre pensée propre.

Le coeur de notre système passionnel n’est pas non plus individuel, de sorte qu’il suffirait de se convaincre de quelque chose pour agir immédiatement correctement. Au contraire, notre subjectivité est une authentique intersubjectivité. Cela signifie concrètement que nous nous construisons dans notre rapport aux autres, et que nous nous jugeons nous-mêmes dans cette relation. Notre âme est ainsi partagée entre notre raison, capable de jugement individuel, et notre caractère, largement dépendant des événements extérieurs, et bien sûr de l’éducation que nous avons reçue de nos parents.

Le principe émotionnel de l’intersubjectivité

La conscience est toujours quelque chose d’autre qu’elle-même. Elle se nie en permanence pour recevoir d’autres formes, pour s’emplir de ce qui ne vient pas d’elle. Cette négation de la conscience par elle-même, permet les différentes ouvertures dont elle est capable, sur la raisonnement rationnel, sur l’extérieur, le temps et l’espace. Nous n’allons pas ici explorer toutes ces dimensions ( nous renvoyons aux autres articles de notre blog sur la conscience). Seules les passions nous importent.

Du point de vue émotionnel, les forces mises en oeuvre par la conscience pour accueillir l’expérience des autres êtres animés sont essentiellement celles de l’imitation, de l’empathie, la capacité à accueillir et faire comme si ce qui est vécu l’était par moi, , et le narcissisme, qui est à l’inverse la capacité à rejeter ce qui vient de l’autre. Notre empathie est ainsi plus ou moins ouverte à l’extérieur. Mais elle l’est toujours. Nous avons une capacité à prendre en charge émotionnellement ce que vivent les autres. C’est la clé de notre vie émotionnelle sociale.

L’ouverture à l’extérieur se fait également directement envers la nature. Nous communiquons avec elle par les sens, mais aussi via nos besoins primordiaux, sommeil, nourriture, boisson, et sexualité. Nous ressentons ainsi la faim, la soif, le sommeil, l’attirance vers l’autre et le besoin de satisfaire nos pulsions sexuelles. Le sexe reste tout de même à part, parce qu’il n’est pas une activité nécessaire au maintien et à la conservation de l’individu. Il l’est uniquement pour le bien de l’espèce. Sous cette catégorie, nous plaçons tout ce que nous appelons les besoins, qui ont trait à la conservation du corps et à son épanouissement. Le besoin ne s’arrête pas aux satisfactions primaires. Nous avons aussi besoin de vêtements, d’un toit, d’avoir une activité physique, etc.

L’organisation de l’empathie obéit à la loi morale

Pourquoi certains ont-ils plus d’empathie que d’autre? Pourquoi certains n’en n’ont pas du tout? Pourquoi untel aime l’argent et un autre préférera trouver son plaisir en donnant son temps aux pauvres? Toutes nos actions émotionnelles dépendent de la construction de notre identité et de notre l’histoire personnelle. Nous cherchons tous de la reconnaissance, car c’est dans la reconnaissance par autrui que nous construisons notre propre de nous-mêmes. Nous nous aimons dans la mesure où nous nous sentons aimés par les autres (comme le thématisait Spinoza en cherchant l’amour de Dieu comme médiation parfaite de l’amour de soi-même. J’aime Dieu qui est parfait, mais je suis aussi contenu en Dieu et aimé par Dieu, donc en aimant dieu et en recevant l’amour de dieu, je m’aime moi-même).

Toute notre construction subjective dépend donc de la manière dont nous avons cherché l’amour et dont nous avons été aimé, bien, mal, pas assez, etc, pendant notre enfance. A l’âge adulte nous pouvons, grâce à l’éveil de la raison, poser nous-mêmes des principes. Mais pas avant. Quand nous n’avons pas assez été aimé, nous avons ouvert au maximum notre capacité d’empathie pour trouver partout et chez tout le monde cette validation qui n’a pas été donnée dans la famille. Quand nous avons au contraire été coupé de cette ressource empathique, par le narcissiste, nous avons réduit au maximum nos sentiments de pitiés et d’amour pour autrui.

Notre empathie et le développement intersubjectif suivent tout simplement la loi morale de l’humanité. Non seulement nous ne devons pas traiter les autres comme des objets et nous devons toujours respecter leur dignité d’homme, mais nous devons nous aussi être toujours traité selon notre dignité et ne jamais être réduit au rang d’outil pour les autres. Nous n’avons pas à faire subir de traitement dégradant aux autres, ni à nier leur autonomie, mais nous n’avons pas accepter que d’autres le fasse envers nous non plus, comme nous n’avons pas non plus à laisser faire les autres quand ils dégradent l’humanité chez un autre. La loi morale ne vaut pas que dans un seul sens, celui qui va de nous aux autres. Elle va aussi dans l’autre sens, dans la manière dont les autres se comportent avec nous. Elle est réflexive. Et même encore dans la manière dont les autres se comportent entre eux, apparemment indépendamment de nous.

Le traumatisme, violation de la loi morale et dévoiement de l’intersubjectivité

Si nous cherchons rationnellement le bien, et que pourtant nous nous comportons mal, c’est que nous portons la trace d’un abus, d’une force extérieure qui nous a déplacé de notre centre et fait perdre notre équilibre. Si nous sommes vraiment honnêtes et éclairés par la raison, la cause de nos mauvais comportements ne peut être qu’extérieure. « Nous avons été enfant avant que d’être homme », rappelle Descartes. L’ouverture à l’intersubjectivité est constitutive de la création de notre personnalité et de notre caractère. Nous sommes pris dans une mécanique de construction intersubjective qui commence avant même notre naissance. Nous héritons par la puissance du mimétisme d’une certaine complexion de notre rapport aux autres et à la vie. Mais nous pouvons trouver le chemin d’une certaine libération.

Le traumatisme a certaines caractéristiques aussi puissantes qu’étonnantes qui nous enferment dans son schéma et nous oblige à nous construire dans ses caractéristiques. La première caractéristique est qu’il abuse de notre capacité à l’intersubjectivité. Quand un autre abuse de nous, surtout quand nous sommes enfant, notre première réaction n’est pas légaliste. Elle n’est pas de poser des frontières entre moi et l’autre et de mettre la distance émotionnelle nécessaire au déploiement d’un épanouissement émotionnel. Nous faisons en fait tout l’inverse, nous absorbons le traumatisme, le faisons notre et nous nous définissons par lui. Nous nous construisons dans le regard de l’autre, pas par nous-mêmes. Quand il y a abus, et nous pouvons nous demander dans quelle mesure il n’y a pas abus, par le mimétisme, qui fait que nous nous construisons en copiant le caractère de nos parents, notre ouverture à l’autre, notre empathie et notre pitié, deviennent démesurées. L’autre a pris toute la place en nous et nous nous nions nous-mêmes. Nous croyons même que nous sommes définis réellement par l’autre. Une terrible ruse de l’empathie, très révélatrice du véritable fonctionnement de la contagion émotionnelle, fait que nous répétons le traumatisme dans tous les cas, quand nous le mimons directement, ce qui est le cas le plus courant, mais aussi quand nous luttons contre le traumatisme et pensons être tout le temps dans le rééquilibrage et la remise en place d’une certaine justice. Dans ce second cas en effet, nous répétons la lutte. La rupture complète nécessite des ressources encore plus puissantes.

Porter la faute de l’autre

Quand nous faisons le pire et voyons le meilleur, nous avons été abusé. Et la plupart du temps, nous le sommes doublement, comme nous allons l’expliquer. Cet abus, qui n’est rien d’autre que la violation de la loi morale par autrui à notre égard perturbe toute nôtre intersubjectivité et décale, désorganise toutes nos émotions. C’est la cause qui nous sort de la médiété que recherche Aristote. C’est elle qui explique que nos réactions émotionnelles tombent dans l’excès ou le défaut.

Le péché originel, que nous héritons de génération en génération sans en être responsable

Le principe du traumatisme, pour un être doué d’une inter-subjectivité basée essentiellement sur sa capacité mimétique, est l’internalisation du traumatisme. Nous le répétons encore et encore, sans même nous en rendre compte. Prenons un exemple concret.

Nos principaux vices de comportements portent sur nos habitudes alimentaires et sexuelles. Nous mangeons trop, ou pas assez, nous fumons, nous prenons des drogues, nous sombrons dans une addiction au sexe. Et dans tous ces comportements déviants, nous sommes le jouet des autres. Nous verrons plus tard, une fois ces premiers soucis réglés, comment nous défaire des comportements plus intimes qui portent plus spécifiquement sur les cas où nous abusons des autres. Mais ce sera beaucoup plus simple quand nous aurons déjà réglés ces premiers troubles.

Dans tous les cas, nous avons été abusés. La forme de la déviation est le symbole de l’abus que nous avons subi et dont nous n’arrivons pas à nous libérer. La difficulté est de comprendre le langage symbolique des émotions, mais ce n’est pas forcément nécessaire pour nous en sortir. Quand nous mangeons trop, c’est par exemple, que nous sommes mangés par l’autre et nous internalisons ce comportement d’ogre. La clé est l’ironie de l’imagination. Quand nous fumons, c’est que nous sommes fumés par l’autre, souvent un parent qui lui-même fumait, de sorte qu’il faudrait remonter de tant de générations pour retrouver l’origine du trauma. Heureusement ce n’est pas nécessaire pour s’en libérer, même s’il est toujours meilleur d’avoir une raison, une véritable explication du mauvais traitement originaire. Etranglement, interdiction de respirer, de vivre, de naître… difficulté du premier souffle à la naissance, d’un enfant non voulu… Les causes du trauma sont toujours une attaque directe contre nos puissances vitales fondamentales. C’est pourquoi elles attaquent également toujours nos puissances vitales elles-mêmes. Ce sont nos droits fondamentaux d’etre vivants qui sont foulés aux pieds, et nous l’internalisation.

Dans La Psychanalyse des contes de fées (The Uses of Enchantment), Bruno Bettelheim nous donne un exemple d’ogresse que nous avons tous un peu tendance à oublier. La mère du Prince dans la Belle au bois dormant est une ogresse, dont le principal trait de caractère est l’accumulation de richesses. Dès son fils marié, elle prévoit de dévorer sa belle fille. La figure de l’ogre nous renvoit aussi à la mythologie grecque. Chronos, le titanide, avale ses enfants pour empêcher le déploiement du temps, des générations et l’épanouissement de la civilisation. Lorsque nous mangeons trop, nous sommes généralement la proie d’un ogre qui est en train de nous dévorer à son propre profit. Nous internalisons symboliquement ce que nous subissons. Nous le faisons parce que nous l’acceptons. Nous l’acceptons parce que nous cherchons l’approbation de l’autre, ce regard dans lequel nous arrivons à nous définir nous-mêmes. Ce regard qui nous est nécessaire comme etre intersubjectif pour nous définir nous-memes. Nous l’accceptons aussi parce que dans notre enfance, nous avons déjà été symboliquement dévorés par nos parents ou nos proches et que nous avons internalisé ce comportement. Pour nous libérer, nous devons comprendre que la boulimie, ou l’anoréxie, sont des symptômes. Dès que nous tombons dans ces comportements, c’est le symbole que la loi morale pour nous a été violée. Nous avons le droit de rééquilibrer la situation. Il n’y aura de toute manière aucune considération, aucune reconnaissance par l’autre des efforts faits par nous pour suivre et nous mettre dans la roue de celui qui abuse. Lui-même ne le reconnaît pas, il ne fait que jouir de son sur-pouvoir, ou répéter un schéma qui lui reste aveugle. C’est une impasse.

Nous avons le devoir envers nous-memes de remettre à l’endroit la loi morale et de reinstaurer l’équilibre du respect mutuel. C’est le seul chemin possible vers la liberté.

Tous ceux qui profitent de nous

Nous sommes manipulés. Et nous le sommes doublement. D’abord parce que nous avons la propension à subir le mauvais traitement et ensuite parce que nous sombrons dans une conduite de compensation. Le système des émotions est homéostatique et cherche toujours à revenir à un équilibre du plaisir et de la peine.

The Witcher 3 et certains films comme Le Manoir hanté de Disney, mettent en scène une catégorie de fantôme très particulière. Il s’agit des fantômes qui se nourrissent de nos peines, de nos faiblesses, le plus souvent de nos peurs. Dans The Witcher, ce fantôme prend la forme d’un parasite, le Hym. Dans le Manoir hanté c’est le fantôme qui devient d’autant plus puissant que nous éprouvons des sentiments négatifs.

La plus belle illustration de cette manipulation reste celle du conte Hansel et Gretel où nous rettrouvons la figure de l’ogre, cette fois déguisé en sorcière.

La maison faite de bonbons est le rêve des enfants. Plaisir sucré à tous les étages, confort de la chaleur du nid douillet, corne d’abondance et profusion infinie. Même pas de parent auquel obéir! Et pourtant ce rêve n’est rien d’autre que le pire des cauchemars! Croyant enfin manger à leur envie, les deux enfants sont préparés pour être eux-mêmes dévorés. Ils sont engraissés pour le repas de la sorcière. Lorsque nous mangeons pour compenser un abus, nous sommes exactement dans la même situation. Nous sommes en train d’etre dévorés.

Nous savons tous que l’abus de sucre est mauvais pour la santé. Le diabète est l’une des principales pathologies de la planète. Le sucre est l’un des principaux carburants des cellules cancéreuses. Et pourtant qu’avons nous à notre disposition? Une fantastique industrie du sucre et du plaisir sucré! Une tradition pluricentenaire de patisserie, une excellence mondiale dans les viennoiseries! Et derrière toutes ces beautés pour le palais et le yeux, une industrie de plusieurs milliards incluant la vente de toutes sortes de produits sucrés et une industrie médicale prête à nous soigner à coup d’une nouvelle tranche de milliards de dollars. Tous ces gens abusent de nos faiblesses. Ils profitent de nos vices pour faire leur beurre. Ils prétendent nous apporter du plaisir ou nous soigner, mais ils nous vendent la mort sucrée. Tel le Hym, ce monstre puissant de l’univers du Witcher, ils vivent et se repaissent de nos misères. Derrière la mauvaise habitude, derrière la nourriture ou la cigarette, il y a des personnes. Notre monde est entièrement intersubjectif. Ce n’est pas uniquement notre problème. C’est un problème de relation.

Quand nous fumons ou prenons de la drogue, c’est encore pire! Nous avons à faire à une industrie qui, dans le cynisme le plus complet, nous vend la mort en toute connaissance de cause. C’est même écrit sur le paquet! Tels les Hym ou les fantômes des contes, ces industriels, fabricants, marketeux, bref, toutes les personnes travaillant dans cette industrie n’ont absolument aucun respect pour leurs frères humains. Notre faiblesse, nos tristesses, nos vices, sont leur richesse. Qui accepterait de travailler dans ces industries? Et que dire des vendeurs de drogue, qui bâtissent leurs empire sur la base de l’addiction, de la destruction de nos capacités intellectuelles, sur la corruption et l’assassinat?

Libération de l’abus – méditation

Nous devons inscrire ces émotions durant nos séances de méditation. C’est en méditant ainsi, matin et soir, où à tout moment de la journée où nous sentons que nous avons besoin de nous détendre et de nous relaxer, tous ces moments où nous sommes plus réceptifs, où notre conscience est mieux disposée à une inscription profonde du contenu de nos méditations. Nous pensons alors à ceci : nos comportements excessifs ne viennent pas de nous. Ils ne correspondent pas à la personne que nous voulons être. Ils sont le résultat de ce que d’autres, qui n’ont aucun respect pour nous, nous ont forcé à accepter. Nous avons eu la faiblesse, parfois la gentillesse, de l’accepter, mais c’était une erreur. Pire que tout, la conséquence de ce déséquilibre est de nous livrer à des charognars qui vivent de notre tristesse et de nos faiblesses, jusqu’à notre mort si besoin. La cigarette est absolument dégueulasse. Elle pue, elle coute cher, elle déséquilibre mon alimentation et cause de nombreuses maladies. Mais pire que tout, elle est fabriquée et vendue par des salopards finis qui vivent de ma mort en toute connaissance de cause. La belle photo sur la boîte de chocolat n’est qu’un piège pour que je démolisse mon insuline et sois toujours plus addict au sucre. Je les déteste, je déteste ces produits et ces comportements. Je dois tout faire pour m’en éloigner.

COLOMBO, SRI LANKA 

Il ne faut pas se concentrer sur le comportement, mais sur les autres. La réponse n’est pas rationnelle, mais émotionnelle. Ceux qui nous vendent des cigarettes sont des salauds qui nous manipulent. Nous sommes leurs esclaves. Ils ne respectent pas la loi morale, se fichent de notre individualité et même de notre vie. Ce sont des tueurs qui nous vendent la mort à leur propre profit. Ils ne font d’ailleurs que profiter des faiblesses que d’autres nous ont sommés de porter, mais qui n’ont en fait rien à voir avec nous. Nous sommes doublement victime du mal des autres. Quand nous mangeons, nous sommes dévorés par un ogre et manipulé par l’industrie alimentaire. Quand nous fumons c’est encore pire. Quand nous développons une addiction au sexe, nous sommes symboliquement baisé par ces acteurs et actrices, qui là encore jouissent littéralement de notre dépendance affective et marchandise à leur profit la puissance vitale perpétuant l’humanité. Révoltons-nous et récupérons notre liberté !

Pour se libérer du mauvais comportement, il ne s’agit pas uniquement, ni principalement de suivre la raison et ses recommandations. Il faut aussi et avant tout se libérer moralement de l’abus reçu et de toutes les personnes qui, vampires bien réels de nos vies, se nourrissent de toutes nos faiblesses. Le poids émotionnel, le piège émotionnel est le vrai piège et il nous faut une méthode émotionnelle, appuyée sur la loi morale pour nous en sortir.

En répétant régulièrement ces pensées durant nos séances de meditations, nous allons créer une forte puissance de répulsion contre ces mauvais comportements. Bientôt le principe sera inscrit dans nos émotions et nous allons développer une véritable immunité qui va nous protéger de tous les comportements toxiques. Personne n’a envie de se faire manipuler et voler sa liberté.

Après la phase négative de répulsion, cultiver la phase positive d’autonomie

Nous sommes beaucoup plus sensible au négatif qu’au positif. Nous sommes beaucoup plus marqués par les critiques que par les éloges. D’une certaine manière c’est un trait de nos personnalités qui est très positif, parce que pris rationnellement, il nous montre le chemin du progrès.

La première méthode de libération des mauvaises habitudes est la détestation des hommes et des femmes qui alimentent cette mauvaise habitude, nous manipulent et profitent de nos faiblesses. On peut également détester les effets secondaires, comme les crises de boulimie, la cuite alcoolisée, etc… Mais ce sont réellement des salauds dont nous devons nous protéger. Ils assument leur côté obscur. Rien ne nous est plus cher que notre liberté et notre autonomie. La méditation constante sur ces réalités va nous permettre de remettre nos émotions dans la bonne direction, de détester ce qui est réellement détestable, à savoir le non respect de la loi morale, et d’aimer ce qui est aimable, à savoir le respect de cette loi. La positivité à tout crin est un mensonge qui empêche de s’orienter vers le bien et de rejeter le mal.

Une fois ces sentiments négatifs profondément ancrés et nos habitudes en partie modifiées, nous pourrons commencer à développer les émotions positives correspondantes. Libérés de la cigarette, nous cultiverons et méditerons sur la chance que nous avons de respirer un air aussi pur que possible et d’être aussi libre que possible dans ce comportement. Notre estime de nous-mêmes en sortira renforcée, parce que nous serons effectivement à la fois dans un comportement rationnellement justifié et dans un rapport équilibré aux autres. Dans l’alimentation, ne mangeant quasiment plus de sucre, nous devons capables non seulement de manger des légumes, mais de remercier, d’éprouver de la gratitude pour les agricultueurs qui continuent à nous fournir une alimentation qualitative et par là à montrer qu’ils respectent positivement notre nature. A travers notre nourriture, nous retrouvons aussi des relations humaines équilibrées et c’est là l’essentiel. Notre estime de nous mêmes en sera également renforcée. Nous pourrons retrouver un sentiment de gratitude envers la vie.

Cette méthode, en plus du cadre que nous venons de donner, nécessite une disciple et une mise en oeuvre des méthodes et de la pratique. Nous renvoyons à nos textes sur la méditation. Il s’agit ici d’une médiation sur les émotions. Le résultat, à celui qui aura la profondeur de dévouement et la volonté de changer, est quasiment garantie, sauf évidemment en cas d’addiction si profonde qu’un traitement médical de substitution est nécessaire pour faire face à la désorganisation corporelle.

La faute de l’autre vraiment? Et moi, ne suis-je pas responsable?

Une objection puissante que l’on peut, et certainement que l’on doit faire à cette approche, est de repousser la faute sur autrui et de nous dédouanner de notre propre responsabilité. Le coeur de cette objection est de dire « je suis responsable de mes actes, en tant que je suis un être libre ». Il est trop facile de s’en prendre aux autres plutôt que de se blâmer soi-même.

Comment dans toute objection il y a une part de vérité, ou de réalité, dans cet argument, mais elle est très limitée. Elle va d’abord exactement contre le principe de notre argumentation. C’est bien l’échec de la voie de la responsabilité personnelle et la prise en compte de la dynamique intersubjective de nos émotions, qui nous permet de trouver un autre chemin de libération. En ce sens, toute notre argumentation contredit l’objection.

Il faut cependant accorder un nouveau domaine de validité à la question de notre responsabilité personnelle, non pas là où nous sommes agis et passifs, mais là où nous agissons, sommes actifs et défendons nos valeurs. Ce sera l’objet de notre prochain article, dont le but sera de montrer comment aller en plus en profondeur dans le changement de soi. Nous l’expliquons ici: https://foodforthoughts.blog/2025/06/27/comment-changer-toutes-ses-mauvaises-habitudes-et-devenir-meilleurs-retenir-notre-jugement-retenir-notre-injustice-3-4/