En finir avec Nietzsche

Il est de bon ton en France de refuser toute critique de la pensée de Nietzsche. Tous ceux qui osent le critiquer seraient des imbéciles qui ne sauraient pas lire (je cite l’auteur de la Fabrique du crétin, qui aura refusé le débat sur cette question). De nombreux professeurs de mon époque, pourtant, comme feu M. Muglioni, n’hésitaient pas à attaquer cette fausse pensée qui a effectivement la lourde responsabilité historiquement avérée d’avoir alimenté les doctrines fascistes et nazies. Contrairement à ce que défend la pensée de gauche, qui s’en revendique étrangement, ce n’est pas un hasard. C’est bien un problème structurel.

Il aura fallu 50 ans à l’université française pour rappeler le passé nazi de l’idole Heidegger. Combien de temps lui faudra-t-il pour ouvrir les yeux sur Nietzsche? Le lien est pourtant clair, l’un des auteurs ayant conduit à réintroduire Nietzsche dans la philosophie après la Seconde Guerre étant Heidegger lui-même.

Mais allons à l’essentiel rapidement, en nous concentrant sur les principes. Cela permet de ne pas se noyer dans les aphorismes, nombreux à dire une chose et son inverse.

Né le 15 octobre 1844 à Röcken en Prusse et mort le 25 août 1900 

Dieu est mort… enfin certains dieux plus que d’autres

La philosophie de Nietzsche refuse toute transcendance. Dieu est mort est l’un de ses slogans les plus connus, et bien sûr les plus mal compris. On croit qu’il s’agit de remplacer la théologie judéo-chrétienne par du bon sens ou du réalisme. Or la réalité est bien pire que cela.

C’est une philosophie de l’immanence et de la terre. La Gaya Scienza, dont la traduction française cache le vrai titre en traduisant par Gai savoir, ce qui est en fait La science de Gaya, la déesse de la terre, est une apologie du terre-à-terre.

La critique la plus fondamentale est celle d’Apollon, dieu des philosophes et de la pensée, de toute éternité. La lumière était déjà le dieu des Perses et du Zoroastre, Ahura Mazda, avant de devenir l’Apollon grec. Il est le dieu de la lumière, du jour, du soleil, de la sagesse, de la vérité et de l’ordre du monde.

Nietzsche lui oppose Dionysos, qu’il présente comme le dieu de la destruction, ou de la destruction créatrice, avec beaucoup moins de fonds de doctrine et d’analyse que pour sa critique d’Apollon. Les anti-thèses d’Ahura Mazda et de Mithra sont Angra Mainyu et Ahriman, dieux du chaos, de la nuit, de la noirceur et des ténèbres.

Reprendre le nom du Zoroastre sous la forme de Zarathoustra est un détournement complet du sage et de sa sagesse. Socrate défend Apollon et la lumière, le Zoastrisme défend une conception duelle des principes, qui est d’ailleurs en partie reprise par la sophistique, avec un principe destructeur et un principe créateur.

Dionysos est dans la religion grecque un dieu assez fourre-tout aux multiples influences, qu’il est impossible de synthétiser comme le fait Nietzsche. Dionysisos pour ne donner qu’un exemple, fait partie des patrons divins des rites des Mystères d’Eleusis, rites secrets de

Il n’y a pas cet équilibre chez Nietzsche. Seules comptent la destruction et la matérialité terrestre. Il n’y a pas uniquement destruction du dieu et de tout dieu, il y a remplacement par un principe matérialiste absolu.

Dans une pensée de gauche obnubilée par le matérialisme, également au fondement de la pensée marxiste (thèse sur Démocrite, dialectique matérialiste, opposée à la dialectique de la liberté de Hegel, lutte des classes …), il n’y a pas d’incohérences. Ils se croient débarrasser des dieux de l’occident, sans comprendre les incohérences et impossibilités de cette position, et la véritable substitution qui est à l’oeuvre en dessous.

(Une analyse intéressante sur les liens entre le védisme, le zoroastrisme et le platonisme ici : https://fr.scribd.com/document/252958250/De-Zoroastre-Au-Neoplatonisme )

Dionysos est un dieu particulièrement complexe, que l’on peut difficilement réduire à l’une de ces dimensions. Une histoire ici : https://www.nationalgeographic.fr/histoire/culture-generale-mythologie-dionysos-bien-plus-qu-un-dieu-de-la-fete

La vérité n’existe pas (sauf la sienne) tout est interprétation

Nietzsche a dit tout et son contraire dans son oeuvre. Il attaque les Juifs, et beaucoup moins souvent tout de même, (un peu comme dans le Coran), il va les défendre. Il attaque la nation allemande, mais la reconnaît aussi grandiose, etc..

« Contre le positivisme, qui s’arrête phénoménalement à ‘il y a seulement des faits’, je dirais : non, justement, il n’y a pas de faits, seulement des interprétations. Nous ne pouvons pas établir de fait ‘en soi’ : peut-être n’y a-t-il pas du tout de ‘en soi’. » (§22, traduction légèrement adaptée Par-delà bien et mal (1886)

« Il n’y a pas de vérité, il n’y a que des interprétations. Et cela aussi est une interprétation. » Ainsi parlait Zarathoustra « Des tables anciennes et nouvelles », (1883–1885)

Pris dans ses contradictions et refusant une ligne fixe, il invente une théorie géniale qui permet de dire n’importe quoi, tout et son contraire et ne jamais être responsable de rien de ce que l’on a dit ou pensé. Le relativisme total.

Pour éviter l’étiquette grossière de relativiste matérialiste, il va jouer sur les mots et décréter que la vérité n’existe pas et que tout est interprétation.

Un peu comme chez Héraclite qui déclare que tout est mouvement, sans bien saisir que cette loi même est immobile (voir la critique d’Héraclite dans le Thêétète de Platon), il finit par faire comme si cette objection n’avait pas de sens. Effectivement, quand on décrète que rien n’a de sens, ni le discours d’origine, ni sa contradiction n’ont de sens. En fait, plus aucun discours n’est possible. 2+2=4 n’est pas un système logique universel, mais le résultat d’un champ de forces, de puissance et d’idéologie.

Là encore, le discours est parfait pour tous les extrêmes qui ne cherchent qu’une chose: imposer leurs discours de haine et opposer l’homme à l’homme. Si tout est idéologie, c’est l’idéologie la plus « forte » qui gagne, c’est-à-dire celle qui a le plus grand pouvoir de manipulation. Par le plus grand des hasards, ou pas, tous les défenseurs de Nietzsche sont des anti-capitalistes de gauche.

La morale et la pitié n’existent pas

Les Juifs, Socrate, Jésus et Kant sont tous des prêtres du ressentiment. Ils ne défendraient pas une idée supérieure de l’humanité faite de justice, de liberté, d’égalité. Il n’y a pas de discours de vérité, pas de valeur de vérité et surtout pas de morale.

Ce ne sont pas des sages, mais des faibles, qui donnent à la foule, au peuple, des armes intellectuelles pour contrer la vraie puissance des forts. Les faibles s’assemblent pour écraser les forts par leur masse, et c’est la seule vérité. On notera au passage que cette théorie est l’exacte opposée de la dialectique matérialiste de Marx, pour qui les forts capitalistes écrasent les travailleurs ouvriers. Cette idée de Nietzsche vient tout droit du livre III de la République, où Thrasymaque revient à la définition littérale de la démocratie et se plaint que dans ce régime, et pas la force du nombre, le peuple asservit les hommes qui valent le plus.

Nietzsche reprend mot à mot cette argumentation. Il ne s’en cache nullement et se compare au Calliclès du Gorgias, à l’homme qui est capable de défendre la thèse de la force. Les valeurs que Nietzsche appelle de ses voeux sont celles de l’aristocrate, dans une séparation claire des hommes forts et des hommes faibles.

La piété comme émotion et la liberté comme principe, sont ramenées au rang d’idéologie. Ce ne sont que des discours faits pour asservir les forts. La démocratie est un mensonge.

La communauté politique n’existe pas

Sur ces bases, il n’est pas possible de créer une véritable communauté politique. La philosophie de Nietzsche est d’abord foncièrement individualiste. L’homme, l’individu et sa force naturelle est la seule unité de compte. Nietzsche déteste l’idée de nation, quand bien même il fait l’apologie de la « race » aryenne. Il n’aime pas la démocratie, pas plus que les groupes. Il n’y a que des forts et des soumis dans son monde qui nous rappelle fort les rituels des sado-masochistes.

« Le juste est ce qui convient au plus fort. » Par-delà bien et mal (§260)

L’individu premier ne saurait se soumettre à aucune règle extérieure, qu’elle soit juste ou pas, puisque la justice n’existe pas. La vie politique ne sort donc pas de l’état de nature. L’horizon de la pensée de Nietzsche est la guerre de tous contre tous. Une guerre à chaque fois recommencée, dès qu’un plus fort apparaît et se met en chasse des plus faibles. C’est la définition même de l’anarchie.

Le modèle politique de Nietzsche est le Code de Manu, la loi des castes indiennes, qui met de toute éternité les hommes dans une hiérarchie dont on ne peut pas sortir.

Seule la force compte

Nietzsche, il le dit lui-même, il est Calliclès, l’homme de la force. la justice naturelle consiste dans la domination des plus forts, les lois égalitaires sont inventées par les faibles pour se protéger. Il déploie tout un vocabulaire et tout un champ lexical sur le sujet.

  • Kraft : énergie vitale
  • Macht : puissance, expansion
  • Stärke : vigueur d’un type humain
  • Gewalt : puissance coercitive
  • Vornehmheit : noblesse de nature
  • Fülle / Überfluss : surabondance de vie

La volonté de puissance, titre du dernier ouvrage, Wille zur Macht, insiste sur la volonté de volonté, la volonté qui se veut elle-même et vise uniquement à l’augmentation de son propre pouvoir. L’idée de liberté lui est complètement étrangère. En bon matérialiste, seul compte le pouvoir sur la nature et sur les autres.

L’important c’est l’histoire (la généalogie) … enfin surtout celle du peuple aryen.

Aucun discours n’ayant finalement d’importance, aucune vérité ne pouvant être mise à jour, seule compte finalement l’histoire. Le but de la Généalogie de la morale est de révéler cette histoire, de ramener la morale au rang de réalité historique, sans fondement intellectuel.

Et Nietzsche ne fait pas les choses à moitié. Mais il se trompe dès le départ. C’est à son époque que l’on découvre que toutes les langues européennes viennent d’une même racine indo-européenne. Mais à cette époque, on confond cette origine avec l’existence du peuple aryien, assimilé à cette civilisation indo-européenne. Cette confusion a été faite lors de la découverte du sanscrit, que Nietzsche a découvert comme philologue.

Dans les textes anciens de l’Inde et de l’Iran, les peuples indo-iraniens se désignent par le mot arya (« noble »). Des philologues du XIXᵉ siècle, notamment Max Müller, utilisent alors le terme « aryen » pour désigner l’ensemble de la famille indo-européenne. C’est ainsi qu’une confusion a été faite et que la langue a été attribuée aux Aryens.

La première dissertation est un texte pré-nazi, et nous invitons tous ceux qui pensent l’inverse à la relire d’urgence. La seconde dissertation, notamment le passage sur le prisonnier, font immancablement penser à Hitler et à son séjour en prison. Elle flrte aussi avec une forme de folie.

Dans cette histoire pas totalement vraie, Nietzsche a trouvé la matrice de sa généalogie de la morale, qui s’articule dans une opposition entre les Aryens et les juifs, entre les nobles et les esclaves, entre les forts et la morale du ressentiment.

« Les nobles, les puissants, les hommes supérieurs en général sentaient qu’ils étaient eux-mêmes, qu’ils agissaient ‘de bonne conscience’, c’est-à-dire qu’ils étaient ‘bons’ ; tandis que les hommes du commun, les médiocres, les bas, se sentaient ‘mauvais’. […] Les Aryens, par exemple, étaient une race de maîtres, organisés en castes, une noblesse guerrière. Ils ont soumis les peuples autochtones et les ont réduits en esclavage. »

« Les ‘blonds bêtes de proie’ (les Aryens) sortent de leurs forêts et de leurs marais pour s’emparer des terres et des femmes. » La Généalogie de la morale (I, §11)

« Les Juifs sont le peuple le plus fatal de l’histoire mondiale » (L’Antéchrist, §24).

« Les Juifs, ce peuple sacerdotal par excellence, ont réussi à se venger de leurs ennemis et à les dominer en inversant les valeurs : ils ont fait de la faiblesse une force, de la pauvreté une vertu, de la soumission une liberté. […] C’est avec eux que commence la révolte des esclaves dans la morale. » La Généalogie de la morale (I, §7-10)

« Les Aryens étaient une race de maîtres, organisés en castes, une noblesse guerrière. » La Généalogie de la morale (I, §5-6)

On nous citera pour s’opposer à ces citations, d’autres textes dans lesquels Nietzsche fait l’éloge des Juifs. Mais après une telle opposition et de telles critiques, il est impossible de ne pas le qualifier d’antisémite. Brouiller le message de la critique sous des textes plus mesurés fait d’ailleurs partie de l’arsenal rhétorique des antisémites, comme nous le voyons désormais presque tous les jours avec LFI.

Le surhomme et la création de valeurs

« Vous n’avez rien compris. Votre argumentation est caricaturale. Nietzsche n’est pas le bourreau des faibles que vous décrivez. La preuve est sa théorie du Surhomme. Le Surhomme est l’homme créateur et fondateur de nouvelles valeurs. Ces valeurs et cette création sont essentiellement artistiques, comme le prouve son amour pour l’art, la musique, etc. »

On aimerait tellement y croire. Mais il y a loin, très loin, de la coupe aux lèvres. Aimer la musique de Wagner, qui va finir par critiquer, ne fait pas de Nietzsche un musicien. Aimer l’art ne fait pas non plus de lui un grand auteur. Son Zarathoustra, qu’il prétend être la plus grande oeuvre jamais offerte à la nation allemande, est construit sur un mensonge sur la doctrine de Zarathoustra. Il est aussi et surtout d’une loudeur toute germanique, ce manque de finesse et cet esprit conceptuel qu’il reproche tant à l’Allemagne, nous les retrouvons parfaitement incarnés dans ce pavé indigeste. Qui l’a vraiment lu jusqu’au bout? Très peu sans doute.

Pour l’artiste, on repassera. Pour la création des valeurs, de quoi parle-t-on exactement? Quelles sont les valeurs du surhomme? Comme nous l’avons vu, il s’agit principalement de la force, de l’insociabilité et de la domination. Il ne suffit pas de se proclamer ‘créateur de valeurs » pour créer réellement quoi que ce soit. On est loin d’un républicain comme Victor Hugo.

Nous préférons largement le Superman américain, le héros tombé des étoiles avec des pouvoirs et une force extraordinaire qu’il tente de mettre toujours du côté du bien. Un héros moral et non amoral ou immoral, ce qui revient au même, la distinction étant purement rhétorique. Il n’y a pas de place hors de la morale pour l’homme. Il n’y a pas de surhomme, sauf à considérer les héros tombés du ciel et descendants des dieux.

La folie finale

Il est de bon ton de trouver la folie follement romantique et romanesque. Elle serait le signe de l’homme de la vraie raison, contre l’apparente raison essentiellement délirante de son époque. Le vrai fou serait le vrai sage. Il faut évidemment avoir bien intériorisé une profonde inversion des valeurs nietzschéennes pour en arriver à de telles âneries (merci Foucault…).

La réalité, et tous ceux qui ont vraiment fréquenté des fous le savent, c’est tout simplement l’horreur. Quelle que soit la folie considérée, paranoïa, délire, schizophrénie, le fou délire non pas pour apporter une nouvelle parole poétique à l’humanité, mais à l’intérieur d’un cerveau fonctionnant en boucle sur ses obsessions.

Si de nombreux sages ont eu des morts tragiques, peu sont morts fous. Socrate est mort au sommet de son art. Kant a été largement diminué par la maladie d’alzheimer (certainement bien plus tôt qu’on ne le pense). Descartes est mort d’empoisonnement. Schopenhauer est mort d’une crise cardiaque.

La légende veut que Nietzsche soit devenu fou en voyant un cheval se faire fouter par son maître. Le sens est double, ce qui montre d’ailleurs l’incohérence de la doctrine. Si Nietzsche a compati envers la souffrance du cheval, alors il aurait découvert cette piété qu’il a combattue toute sa vie. À l’inverse, s’il a vu dans le cheval cette force naturelle qu’il appelait de ses voeux, il l’a aussi vue soumise au fouet de l’homme du ressentiment. Les deux peuvent être vrais également. Nietzsche ne saurait plus où est le faible et le fort. Il est cependant fort possible que cette histoire ne soit qu’une fable. Elle aurait été rapportée par un témoin au logeur de l’intellectuel perturbé.

Nous avons en revanche quelques lettres écrites sous le coup de la folie. Nietzsche s’y prend pour Dionysos,

Lettre à Franz Overbeck (7 janvier 1889) : « Les médecins sont tous des criminels, ils veulent m’empoisonner. […] Les antisémites sont partout, ils complotent contre moi. […] Je suis le seul à pouvoir sauver l’humanité, mais on veut me tuer. […] Je suis le messie, mais aussi l’Antéchrist, car je dois détruire avant de reconstruire. »

Lettre à Georg Brandes (4 janvier 1889) : « Je suis le Christ, mais aussi l’Antéchrist. Je suis le premier à pouvoir accomplir des actes de cruauté divine. […] Je suis Dionysos, le dieu de l’ivresse éternelle. […] Je suis le jugement dernier, je viens pour détruire le monde des mensonges. »

Lettre à Jacob Burckhardt (3 janvier 1889) : Je viens de faire fusiller tous les antisémites. […] Je suis en train de préparer une grande purge contre les Allemands. […] Les antisémites sont des criminels, ils veulent détruire l’Europe. »

Nietzsche se découvre une nouvelle haine contre les antisémites, qu’il veut tous fusiller. Retour du refoulé? Ou simple déplacement de la paranoïa, auparavant centrée sur les juifs et désormais, peut-être par refus de voir son oeuvre reprise par les antisémites, désormais placée sur ces derniers? C’est la seule interprétation cohérente. Voyant le succès réels de ces idées, Nietzsche aurait compris son erreur et serait devenu fou.

Nietzsche malade avec sa soeur Elizabeth

Nietzsche à coups de marteau

La reprise de la pensée de Nietzsche par les fascistes et les nazis est tout sauf un hasard. Il faut arrêter de faire croire que tous ceux qui défendent cette thèse sont des imbéciles qui ne savent pas lire. Ce qui est vrai, c’est l’inverse et nous l’avons amplement montré.

Nietzsche affirmait philosopher à coups de marteau. Il en est resté un champ de ruines fumantes et dangereuses. Il est plus que temps d’appliquer à Nietzsche sa propre potion et de ranger son oeuvre dans la section horreur de la pensée de notre bibliothèque. Personnellement, j’ai enlevé Nietzsche de mon panthéon depuis longtemps.

Pour lui rendre hommage, alors qu’il vient de disparaître, nous faisons nôtre cette belle phrase de Nicolas Grimaldi:

«Les humanités dépérissent, la culture se défait, l’Europe s’efface, et chacun déjà s’apprête à danser sur leurs gravats. Puisqu’ils ont choisi de périr, on périra ensemble. Autant que j’ai pu, j’ai résisté. À ce sabbat je n’aurai pris aucune part» . 

https://www.lefigaro.fr/vox/sorcier-de-la-philosophie-nicolas-grimaldi-fut-l-un-des-plus-grands-penseurs-de-sa-generation-20260306

Les défenseurs de Nietzsche, Marx, Foucault et tant d’autres, ne comprennent pas ce qu’ils font. Ayant renoncé à la pensée rationnelle et à la vérité, ils ont tous trahi le serment socratique au fondement de la pensée. La philosophie est la voie rationnelle vers la divinité. Renoncer à la raison, c’est replonger dans l’idéologie, la force et la barbarie.

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